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100 ans et l’histoire continue

Le jeudi 6 juin 2013

La Liberté, l’hebdomadaire de langue française du Manitoba, s’apprête à célébrer un anniversaire extraordinaire le 20 mai : 100 ans d’existence! Il devient ainsi le plus vieux journal francophone de l’Ouest canadien. Établi en 1913 par Monseigneur Langevin et les Pères Oblats, il a servi à mettre les Franco-Manitobains en contact les uns avec les autres bien avant que les médias sociaux arrivent sur la scène.

De l’encre et du papier

Un journal n’est que de l’encre sur du papier. Ce que célèbre réellement La Liberté, c’est 100 ans d’histoires, petites et grandes, de victoires et de défaites. Le Musée canadien pour les droits de la personne parlera de certains des mêmes thèmes qui ont figuré dans les pages de La Liberté au fil des 100 dernières années : les droits linguistiques, les droits des Métis et la liberté de la presse. C’est grâce à des outils démocratiques comme les journaux que les droits de la personne peuvent être mis en évidence et valorisés.

Georges Forest
Georges Forest a reçu une contravention en anglais et comme francophone, il s’est battu pour ses droits linguistiques. Il a gagné son procès à la Cour suprême du Canada. Son histoire sera parmi celles qui seront présentées lorsque le Musée pour les droits
 

Être Franco-Manitobain dans une mer anglophone

En grandissant – une Franco-Manitobaine dans une mer anglophone – La Liberté était comme une bouée de sauvetage pour moi. En me donnant un aperçu de ce qui se passait dans les collectivités francophones autour de moi, le journal ouvrait mes horizons. Il m’a offert le cadeau de l’appartenance et il fait partie de ma vie d’aussi loin que je m’en souvienne.

Je dois l’admettre; il y a une histoire d’amour entre La Liberté et moi. Tout a commencé avec l’euphorie d’avoir gagné un concours de dessin couleurs quand j’avais sept ans, ce qui m’a valu des éloges de partout (bon, j’exagère un peu, mais mes tantes et mes oncles des villages environnants m’ont félicitée). Tout enfant franco-manitobain digne de ce nom se souvient avec affection de Bicolo, le personnage aux cheveux foncés et au chapeau pointu qu’avait conçu Cécile Mulaire. 

Bicolo
Existait-il un plus grand honneur que de voir son nom imprimé dans le journal sur la page Bicolo?
 

Plus tard, en tant que jeune adulte, La Liberté était essentielle à la recherche d’un emploi vu que le journal constituait une excellente source d’information sur les offres d’emplois liés à la langue française. Puis maintenant, en tant qu’adulte, La Liberté me permet de me tenir au courant de ce qui se passe dans ma communauté. Je vois dans ses pages les personnes avec lesquelles j’ai grandi, celles qui sont devenues les leaders communautaires d’aujourd’hui. En tant que parent ayant des enfants dans la Division scolaire franco-manitobaine, je peux rester informée de ce qui se passe dans les écoles. Il y a toujours un numéro de La Liberté quelque part dans ma maison.

100e anniversaire

Pour marquer son 100e anniversaire, La Liberté a prévu une série d’activités et de projets. Un projet qui me plaît particulièrement est l’indexation et la numérisation de la collection de La Liberté, remontant jusqu’en 1913. D’un clic de leur souris, les personnes de tout âge pourront voyager dans le temps et découvrir ou redécouvrir le passé. Ils pourront lire de leurs propres yeux comment les Franco-Manitobains ont vécu les divers chapitres de leur histoire, comme celui de la crise linguistique. 

Sans parler du fait que je pourrai maintenant montrer à mes enfants cette époque excitante où j’avais gagné un concours de dessin à l’âge de sept ans!

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