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Conférence à Madison : l’histoire orale et les droits de la personne

Le jeudi 15 janvier 2015
Sharon Reilly présente le groupe d'experts du Musée à la session 2014 des conférences de la (American) Oral History Association, à Madison (Wisconsin), le 9 octobre 2014. (photo – Sarah Reilly)

 

Les récits sont au cœur de l’approche du Musée en matière de droits de la personne. En tant qu’historienne et conservatrice, j’ai constaté que les histoires qui nous inspirent le plus sont souvent racontées par les témoins directs des événements qui en forment la trame. C’est une manière captivante d’en apprendre davantage sur nos triomphes et nos tragédies. Le programme d’histoire orale du Musée joue donc un rôle central dans le cadre de nos recherches et nos programmes, comme au sein de nos collections et expositions. C’est pourquoi nous avons répondu avec enthousiasme à l’invitation lancée au service de Recherche et collections du Musée, de participer à la 48e assemblée annuelle de l’American Oral History Association, qui s’est tenue le mois dernier à Madison, au Wisconsin.

Un bâtiment dans la nuit
L’édifice du gouvernement de l’état du Wisconsin, vu de la terrasse Monona, était à quelques pas de l’hôtel où se déroulait la conférence. (photo – Sharon Reilly)

 

En 2014, le thème de cette rencontre était « Oral History in Motion: Movements, Transformations, and the POWER OF STORY ».

Ce thème semblait tout indiqué pour le Musée. En février, je proposais aux organisateurs une séance qui porterait sur le Musée et son programme d’histoire orale. En juin, j’apprenais avec bonheur que, malgré le nombre record de propositions reçues par le congrès, la nôtre était parmi celles retenues.

Au total, plus de 300 participants des États-Unis, du Canada et d’autres pays ont participé aux activités de ce congrès d’une durée de cinq jours. Les groupes d’experts, les ateliers et les exposés ont permis de présenter des douzaines de projets différents d’histoire orale. Notre groupe a présenté son exposé tôt le premier matin du congrès. C’est moi qui ai ouvert la séance. J’ai présenté le Musée en expliquant que nous nous sommes résolument tournés vers l’histoire orale et les récits pour mener à bien la mission du Musée, qui est axée sur l’inclusion et le dialogue autour des droits de la personne. 

Une salle avec des personnes assises de dos
Une séance de récits et de musique folklorique à la conférence de la Oral History Association. (photo – Sharon Reilly)

 

Emily Grafton, chercheure-conservatrice responsable du contenu autochtone, a ensuite pris la parole. Elle a expliqué comment le Musée a adopté une approche de décolonisation tant au niveau de la recherche que de ses expositions. Cela signifie que nous travaillons en cherchant à nous assurer que les perspectives et récits autochtones s’expriment dans une voix autochtone authentique. Intégrer des entrevues d’histoire orale aux expositions nous aide à atteindre cet objectif. 

Une femme parle
Emily Grafton parle de la démarche de décolonisation adoptée par le Musée pour la recherche et les expositions liées aux perspectives autochtones. (photo – Sarah Reilly)

 

Julia Peristerakis, adjointe de recherche, a ensuite illustré le recours à des voix authentiques en décrivant trois installations murales dans la galerie Perspectives autochtones. Dans ces installations, les mots des auteurs autochtones, tout comme leur vision des droits autochtones, sont enchâssés dans des éléments d’exposition originaux de grande taille.

Puis Armando Perla, chercheur-conservateur affecté au contenu juridique des droits de la personne, a expliqué comment il a utilisé les entrevues d’histoire orale pour donner vie aux luttes et aux histoires de nature juridique. Armando s’est appuyé sur des récits rapportés au cours de ses entrevues pour rendre ces expériences mémorables et marquantes pour les visiteurs et visiteuses. 

Heather Bidzinski, gestionnaire des collections, a conclu la séance en parlant de l’engagement du Musée envers le partage des pouvoirs et les pratiques éthiques. Au Musée, on veut s’assurer que tous ceux et toutes celles qui nous confient leurs histoires sont traités avec respect et considération. Elle a également décrit son travail, dont le quotidien consiste à s’assurer que tous les récits de notre histoire orale sont parfaitement documentés, transcrits et accessibles.

Maintenant que les expositions inaugurales du Musée sont ouvertes au public, les nombreux projets qui nous attendent nous remplissent d’enthousiasme. Nous avons hâte de poursuivre notre évolution en tant que spécialistes de l’histoire orale, ainsi que notre collaboration avec nos collègues du Musée et d’ailleurs, afin de continuer à améliorer notre programme d’histoire orale et les nombreux programmes et expositions qu’il alimente.