A A

Femmes en action

De l’Asie à l’Afrique en passant par les Amériques, des artisanes fondent des coopératives locales pour améliorer leur qualité de vie et transformer leur communauté. Qu’elles soient tisserandes, peintres, brodeuses, fabricantes de courtepointes ou de bijoux, les artisanes peuvent trouver de la force – et de l’espoir pour les droits de la personne – dans le cadre d’entreprises collectives.

Comme l’a dit une artisane rwandaise : « Le tissage, c’est l’espoir pour demain. »

L’exposition Femmes en action : Des coopératives d’artisanes qui transforment leur communauté raconte les histoires inspirantes des projets collaboratifs qui aident à faire progresser les droits de la personne, y compris le droit pour les femmes de travailler, d’améliorer leur qualité de vie, de reprendre leur culture et de vivre en santé et en sécurité.

Le MCDP a créé une expérience de réalité virtuelle afin de transporter les visiteurs et les visiteuses au Guatemala pour qu’ils puissent voir et entendre des groupes de tisserandes au travail. Cette partie de l’exposition montre qu’en s’organisant en groupe, en déterminant elles-mêmes le prix de leurs textiles et en s’occupant de la distribution de leurs biens, les artisanes peuvent éviter d’être exploitées financièrement par des intermédiaires. On voit aussi que la valorisation de leur patrimoine artistique les aide à maintenir leur identité autochtone, tout en favorisant la guérison après le traumatisme du génocide.

L’exposition explore comment les coopératives sont des moteurs de changements dans 11 pays : l’Afrique du Sud, la Bolivie, le Guatemala, l’Inde, le Kenya, le Maroc, le Népal, le Pérou, la République démocratique populaire lao, le Rwanda et le Swaziland.

Femmes en action met en valeur des photographies saisissantes et des vidéos percutantes combinées à de superbes exemples d’artisanat faits par les membres des coopératives, y compris des toiles d’histoire brodées, des parures de cou perlées et des tissages de laine teinte à la main.

Les moyens créatifs et financiers que se donnent ces femmes leur permettent de trouver leur voix pour s’exprimer et faire progresser l’égalité des genres, s’occuper de personnes dans le besoin, devenir des leaders publiques, mettre en œuvre des programmes d’alphabétisation, guérir de leurs traumatismes, surmonter la violence domestique, préserver leur environnement naturel et redynamiser leur culture autochtone.

  • Dans les basses terres du Népal, les femmes de la culture maithili décoraient les murs de terre de leurs maisons de peintures traditionnelles. Depuis qu’elles ont commencé à peindre ces motifs sur du papier fait à la main, ont formé le Centre de développement de la femme de Janakpur et ont trouvé un marché extérieur pour leurs œuvres, elles gagnent un revenu stable. « Maintenant, je peux acheter du lait, des stylos et des livres, et payer les frais de scolarité de mes enfants, explique l’artiste Manjula Devi Thakur. Je suis forte maintenant. Je peux aller de l’avant. »
  • Dans un village au Swaziland, plus de 50 femmes locales font partie d’une coopérative de tressage de paniers. Les profits de la coopérative servent à fournir de l’éducation, une soupe populaire, des soins médicaux et autres services à des centaines d’enfants devenus orphelins à cause du sida. « Le tressage des paniers nous permet de faire entendre notre voix dans notre communauté », remarque la tisserande Nurse Thembeni Mdluli.
  • En Inde, le centre de facilitation commerciale de l’association des travailleuses indépendantes (Self-Employed Women’s Association ou SEWA) comprend plus de 3 500 artisanes actionnaires dans 80 villages. Ces femmes, toutes des artisanes du textile ou de la broderie qui travaillent chez elles, participent à toutes les étapes du commerce qui leur appartient collectivement, allant du micro-financement au développement des produits en passant par le contrôle de la qualité.
  • En Bolivie, la communauté autochtone ayoreo tissait traditionnellement des sacs à partir des fibres d’une plante particulière. Lorsque les Ayoreos ont été réinstallés de force il y a plus de 30 ans, ils ont trouvé que la plante dont ils avaient besoin n’existait presque pas dans leur nouvel environnement. Un ethnobotaniste les a aidés à maîtriser la culture d’une variété semblable de plante. Aujourd’hui, les 45 femmes membres de la coopérative Cheque Oitedie réussissent à récolter les plantes et à vendre les sacs qu’elles tissent à la main à un marché international.
  • Au Rwanda, deux sœurs ont créé la coopérative Gahaya Links après le génocide qui a ravagé le pays. Dans ce groupe d’artisanes, des femmes tutsies et hutues tissent des « paniers de la paix » dans un esprit de guérison.

Cette exposition, réalisée par Suzanne Seriff, a été organisée par le Museum of International Folk Art à Santa Fe, au Nouveau-Mexique, et est mise en circulation par GuestCuratorTraveling Exhibitions. À Winnipeg, elle comprend des aspects exclusifs élaborés par le Musée canadien pour les droits de la personne. Le Musée remercie spécialement le commanditaire The Co-operators pour son soutien.