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La Couverture des témoins

Du 15 décembre 2015 au 25 juin 2016

Inspirée d’une couverture tissée, cette grande installation artistique a été créée à partir de morceaux d’histoire : des centaines d’objets récupérés auprès de pensionnats, d’Églises, de bâtiments gouvernementaux et de structures traditionnelles et culturelles, d’un bout à l’autre du Canada.

Les contributions à La Couverture des témoins ont été offertes par des survivants et des survivantes des pensionnats et leurs familles, des conseils de bandes, des centres d’amitié et des gouvernements. D’autres objets ont été récupérés sur le site d’anciens pensionnats. Comme geste envers la réconciliation, les responsables du système des pensionnats, soit certaines Églises et le gouvernement fédéral du Canada, ont également donné des morceaux à inclure dans l’installation.

Plus de 800 objets ont été recueillis dans 77 collectivités pour former cette œuvre d’art. Parmi les contributions, il y a des lettres, des photos, des témoignages, des livres, des vêtements, des œuvres d’arts et des fragments de bâtiments.

La Couverture des témoins sert de monument national pour reconnaître les atrocités de l’époque des pensionnats indiens, rendre honneur aux enfants et symboliser les efforts continus de réconciliation. Plus de 150 000 enfants autochtones ont été obligés de fréquenter des pensionnats au Canada entre 1870-1996.

Le Musée canadien pour les droits de la personne est honoré d’accueillir La Couverture des témoins jusqu’en juin 2016 dans la galerie « Expressions » du niveau 6. Cette exposition est comprise dans le prix d’entrée générale. Les visiteurs et visiteuses pourront explorer des éléments en galerie et en ligne, créés spécialement par le MCDP pour accompagner la couverture pendant son séjour ici.

Pour profiter pleinement de l’exposition, vous pouvez télécharger l’appli mobile (gratuite) pour appareils iOS, qui a été créée par l’équipe de la Couverture des témoins pour expliquer l’histoire des objets que vous pourrez voir. Vous pouvez également emprunter un appareil préchargé dans la galerie.

Une longue installation artistique avec une porte blanche en son centre, et composée d'articles dans des cadres en bois.

Des morceaux d’histoire : Huit objets de La Couverture des témoins

Les objets suivants sont des exemples des centaines d’articles qui constituent la Couverture des témoins, qui ont chacun une histoire puissante.

 

Tresses de cheveux

Une tresse de cheveux noirs
Marion et Ellen Newman – sœurs de l’artiste et filles de Victor Newman, survivant d’un pensionnat – ont fait pousser leurs cheveux pendant plus d’un an, puis ont fait couper leur tresse lors d’une cérémonie traditionnelle de huit jours. « C’était pour rendre honneur à notre père, mais aussi, c’était une façon d’honorer tous les enfants…parce c’était une expérience universelle », a expliqué Ellen au journal The Globe and Mail. Les enfants pensionnaires se faisaient couper ou raser les cheveux dès leur première journée à l’école – une pratique traumatisante pour beaucoup d’enfants autochtones venant de cultures où les cheveux constituaient une grande partie de leur identité et n’étaient coupés qu’en temps de deuil.

 

Ceinture fléchée métisse 

Une écharpe à rayures rouges avec des franges
La White Buffalo Aboriginal and Métis Health Society de Kamloops, en Colombie-Britannique, a fait cette contribution pour représenter un cadeau symbolisant la force, la résilience et l’endurance. On continue aujourd’hui de porter des ceintures fléchées chez les Métis.

Insignes du mérite

Huit écussons en tissu
À partir des années 1940, les élèves recevaient des insignes du mérite pour travaux réussis en cuisine, en couture, en tissage, en tricot, en ménage, en jardinage, en travail de cuir, en élevage laitier et en élevage de volailles. Ce système mis en place par le gouvernement fédéral faisait valoir les travaux manuels au-dessus des résultats académiques. Emma Gladue, survivante du pensionnat de Blue Quills, en Alberta, a offert ces insignes qu’elle dit ont été gagnés à force de mauvais traitements et d’esclavage.

 

 

Balance 

Une balance à plateaux ancienne
Cette balance est une contribution de Sharon Edmunds, survivante d’un pensionnat de Terre-Neuve-et-Labrador, qui l’a elle-même reçue du directeur du pensionnat de Lake Melville, où on entreposait les balances dans les années 1950. Sharon a fréquenté l’école secondaire de Lake Melville pendant quatre ans, de 1975 à 1979.

 

Chaussure

Une chaussure d'enfant en cuir très abîmée
Harold Gatensby, survivant du pensionnat de Carcross, au Yukon, a trouvé cette chaussure d’enfant alors qu’il montrait le site original du pensionnat à Rosy Hartman, coordonnatrice du projet de la Couverture des témoins. Le pensionnat original avait brûlé au début des années 1900. Rosy et l’artiste Carey Newman ont tous deux ressenti très clairement une présence ou un esprit lié au soulier, qui est devenu un des morceaux les plus puissants qu’ils sont recueilli. Dans la couverture, le soulier est protégé derrière un panneau de plexiglas, mais il est également enveloppé d’une tresse de foin d’odeur, entouré de sauge (herbes traditionnelles médicinales) et fixé à du tissu rouge, symbole de guérison et de protection.

 

Porte

Une porte en bois peinte en blanc
Ceci est la porte qui menait à l’infirmerie du pensionnat de St. Michael, à Alert Bay, en Colombie-Britannique. Elle a été recueillie par l’artiste de la Couverture des témoins, Carey Newman, en 2014 avant que le pensionnat soit démoli. L’image au dos, intitulée « The Priest and his Prey », a été créée par l’artiste George Littlechild. Lorsque Carey a choisi de transférer l’œuvre de George sur la porte, il ne savait pas que George avait ressenti le besoin de créer l’œuvre après avoir assisté au rassemblement de la Commission de vérité et réconciliation à Vancouver et entendu l’histoire d’abus vécue par Edwin Newman, l’oncle de Carey, au pensionnat de St. Michael.

 

 

Trophée de hockey Gordon Soldier Lady Hawks, de 1996 

Une figurine en laiton montrant un joueur de hockey, provenant d'un trophée sportif
Ce trophée a été offert par Ed Bitternose, un survivant du dernier pensionnat à fermer ses portes au Canada. Il sert à montrer que c’est encore tout récemment que les enfants autochtones étaient placés en pensionnat.

 

Pierre de la serre d’Inuvik 

Une pierre grise
Une contribution de Lucy Kuptana, survivante d’Inuvik, cette pierre provient de la serre communautaire, qui était autrefois une patinoire pour les deux pensionnats d’Inuvik. Lucy voulait offrir quelque chose de la serre qui, selon elle, représente la transformation d’un lieu de souvenirs sombres et pénibles en un endroit de rassemblement et de guérison.