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Ce que tous les Canadiens et toutes les Canadiennes doivent savoir sur la vérité et la réconciliation

Le mardi 10 novembre 2015
Une procession marche depuis le Feu sacré vers le bâtiment administratif de l’Université du Manitoba à l'occasion de l'ouverture du CNVR. Photo : Université du Manitoba

Je me souviens de la première fois où j’ai entendu parler de l’histoire des pensionnats indiens au Canada. Pendant ma jeunesse dans l’Est du pays, dans les années 1980 et 1990, on ne m’a rien enseigné sur l’héritage des pensionnats. Mes enseignants et mes enseignantes n’en parlaient pas à l’école et mes parents n’étaient pas au courant. C’est seulement lorsque je suis allé à l’université, dans un cours d’histoire canadienne, que j’ai commencé à apprendre la vérité, et j’ai été choqué.

Le système des pensionnats du Canada a laissé un héritage de souffrances et de traumatismes qui dure encore. Ce système a été en vigueur pendant bien plus de 100 ans, la dernière école ayant fermé ses portes en 1996. Pendant cette période, quelque 150 000 enfants ont été enlevés à leur famille. L’un des buts principaux du système était d’assimiler les personnes autochtones en détruisant leurs cultures et leurs langues. On visait à « tuer l’Indien chez l’enfant » – ce sont les mots tristement célèbres d’un fonctionnaire de l’époque. Beaucoup d’enfants ont subit d’horribles traitements des mains de ceux et celles qui étaient censés leur fournir enseignement et soins. Des milliers d’enfants – on ne connaît pas encore le chiffre exact – sont morts pendant leur séjour dans ces écoles, souvent de maladies ou de malnutrition. Ceux et celles qui ont survécu font face à des traumatismes en raison de leurs expériences.

L’histoire des pensionnats indiens est une histoire que tous les Canadiens et toutes les Canadiennes devraient connaître. C’est pourquoi l’ouverture du Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR), le 3 novembre 2015, est si importante dans l’histoire du pays, et constitue un pas en avant sur le chemin de la réconciliation.

Un homme et une femme se prennent dans les bras derrière une estrade. Derrière eux, une tapisserie colorée est accrochée au mur.
Phil Fontaine prend sa fille Maya Fontaine dans ses bras après son discours de reconnaissance à l'ouverture du CNVR le 3 novembre 2015. Photo : Université du Manitoba

 

Créé afin de préserver le souvenir du système des pensionnats du Canada et son héritage, le CNVR accueillera de façon permanente toutes les déclarations, les documents et autres matériaux recueillis par la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR).

Le CNVR aidera les survivants et les survivantes des pensionnats et leurs familles à avoir accès à leur propre histoire. Il permettra aux chercheurs et chercheuses d’approfondir leur recherches au sujet de l’expérience et de l’héritage des pensionnats. Par ailleurs, il fera en sorte que le public puisse accéder à des documents historiques et d’autres matériaux, afin de favoriser la réconciliation et la guérison. Enfin, il aidera les éducateurs et éducatrices à faire connaître l’histoire des pensionnats à de nouvelles générations d’élèves pour qu’un jour, espérons-le, aucune personne ne grandira au Canada sans être au courant de ce chapitre tragique de notre histoire.

Dans son rapport sommaire publié en juin 2015, la CVR a demandé au Musée canadien pour les droits de la personne, de représenter « … l’histoire des pensionnats et des peuples autochtones d’une façon qui invite des perspectives multiples, parfois contradictoires, et favorise en fin de compte l’empathie, le respect mutuel et un désir de réconciliation enracinée dans la justice », plutôt que de « … simplement rapporter le point de vue d’une seule partie sur le passé ».

Le Musée prend cet appel à l’action très au sérieux. Pour encourager l’avènement de la réconciliation, nous nous devons d’être un lieu d’éducation, de réflexion et de dialogue respectueux. En août dernier, le Musée a créé une nouvelle exposition sur le travail de la CVR. Elle figure parmi les expositions du Musée à traiter directement de la question des pensionnats indiens, alors que beaucoup d’autres expositions s’attardent sur d’autres expériences des peuples autochtones au Canada.

En plus de ses propres efforts à l’appui de la réconciliation, le Musée a travaillé en partenariat avec le CNVR à des projets visant l’éducation et la promotion des droits de la personne. Nous comptons bien continuer à travailler avec le CNVR pour nous assurer que l’histoire et l’héritage des pensionnats indiens ne tombent jamais dans l’oubli.

Tous les Canadiens et des Canadiennes doivent faire partie de la réconciliation. Si vous ne connaissez pas l’histoire des pensionnats au Canada, ou si vous savez que vous devriez en apprendre plus, vous pouvez y faire quelque chose. Songez à utiliser les ressources en ligne fournies sur le site Web du CNVR pour découvrir les histoires des survivants et des survivantes, et celles des enfants qui n’ont pas survécu. Visitez le Musée et explorez nos expositions au sujet de la CVR, des pensionnats et des droits des peuples autochtones. À mon avis, la réconciliation veut dire que nous devons tous et toutes travailler à consolider des liens. À votre tour, dites-nous ce qu’est la réconciliation pour vous.