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Une exposition composée de 800 morceaux de l’histoire des pensionnats ouvre au MCDP à l’aube du dépôt du rapport final de la CVR

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Détails du communiqué

Il s'agit de témoins silencieux de l'époque des pensionnats indiens (1870–1996). Combinés à quelque 800 autres objets recueillis à 77 endroits d'un bout à l'autre du Canada, ils se font maintenant entendre dans le contexte d'une œuvre d'art de 12 mètres de longueur créée par l'artiste Carey Newman en tant que monument aux enfants.

L'exposition La Couverture des témoins a été ouverte aujourd'hui au Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP), à l'aube du dépôt à Ottawa du rapport final et historique de la Commission de vérité et réconciliation (CVR). Le Musée accueille l'exposition jusqu'à la fin juin 2016.

" À titre de musée national consacré à l'éducation aux droits de la personne, nous nous engageons à exercer un rôle pour

mettre en œuvre la réconciliation ", a indiqué John Young, président-directeur général du MCDP lors d'une conférence de presse tenue dans le Musée aujourd'hui avec l'artiste, des survivant et le directeur du Centre national pour la vérité et la réconciliation. " Cette œuvre puissante est parmi les plusieurs expositions et programmes qu'offre notre musée pour aider à sensibiliser les visiteurs et les visiteuses à l'héritage des pensionnats dans le but de favoriser l'empathie, le respect mutuel et le désir pour la réconciliation. "

Dans son rapport sommaire, la CVR a fait référence en particulier au MCDP et à d'autres musées nationaux, les décrivant comme des lieux de promotion de la réconciliation par l'éducation (page 269).

Carey Newman, dont le père est un survivant des pensionnats, a expliqué qu'il a fait la Couverture des témoins pour les personnes qui veulent apprendre et sont prêtes à travailler ensemble à un avenir meilleur. Son équipe et lui ont voyagé pendant plus d'une année, parcourant 200 000 kilomètres et allant dans tous les coins du Canada pour recueillir des objets et des histoires. Un documentaire sur le projet a été complété tout récemment. Une version de 8 minutes sera projetée dans l'exposition au MCDP.

" J'ai créé ce monument pour témoigner de la force de mon people, et j'espère que chaque personne qui est témoin de cette œuvre sera touchée de quelque façon ", mentionne Carey Newman (Ha-Yalth-Kin-Geme), artiste et maître sculpteur des Premières Nations de l'île de Vancouver. " Si La Couverture des témoins permet de sensibiliser même une seule personne qui découvre cette partie difficile de l'histoire canadienne, alors elle aura eu un impact. "

L'installation artistique est une grande structure en cèdre qui soutient des centaines d'objets, dont la plupart sont expliqués dans une appli mobile unique que les visiteurs et les visiteuses peuvent télécharger sur leur appareil iOS (ou ils peuvent emprunter un appareil préchargé en galerie). Une porte récupérée du pensionnat de St. Michael, à Alert Bay, en Colombie-Britannique, est laissée entrouverte pour que les gens puissent traverser la structure vers une présentation multimédia de l'autre côté. Le MCDP a aussi développé un mur de réflexion, où les visiteurs et les visiteuses peuvent exprimer leurs pensées en ajoutant un mot à un collage qui rappelle la couverture. Cet élément est offert en galerie et en ligne.

Quelques exemples des objets compris dans l'installation se trouvent ci-dessous.

Le Musée canadien pour les droits de la personne est le premier musée du monde exclusivement consacré à l'évolution des droits de la personne, à leur célébration et à leur avenir. Il s'agit du premier musée national du Canada construit à l'extérieur de la région de la capitale nationale. Mettant à profit des technologies multimédias et d'autres approches novatrices, le Musée offre aux visiteurs et aux visiteuses de tous les âges des rencontres inspirantes autour des droits de la personne dans le cadre d'une expérience à nulle autre pareille.

Des morceaux d'histoire : Huit objets de La Couverture des témoins 

Les objets suivants sont des exemples des centaines d'articles qui constituent la Couverture des témoins, qui ont chacun une histoire puissante.

Tresses de cheveux

Marion et Ellen Newman – sœurs de l'artiste et filles de Victor Newman, survivant d'un pensionnat – ont fait pousser leurs cheveux pendant plus d'un an, puis ont fait couper leur tresse lors d'une cérémonie traditionnelle de huit jours. " C'était pour rendre honneur à notre père, mais aussi, c'était une façon d'honorer tous les enfants…parce c'était une expérience universelle ", a expliqué Ellen au journal The Globe and Mail. Les enfants pensionnaires se faisaient couper ou raser les cheveux dès leur première journée à l'école – une pratique traumatisante pour beaucoup d'enfants autochtones venant de cultures où les cheveux constituaient une grande partie de leur identité et n'étaient coupés qu'en temps de deuil.

La White Buffalo Aboriginal and Métis Health Society de Kamloops, en Colombie-Britannique, a fait cette contribution pour représenter un cadeau symbolisant la force, la résilience et l'endurance. On continue aujourd'hui de porter des ceintures fléchées chez les Métis.

À partir des années 1940, les élèves recevaient des insignes du mérite pour travaux réussis en cuisine, en couture, en tissage, en tricot, en ménage, en jardinage, en travail de cuir, en élevage laitier et en élevage de volailles. Ce système mis en place par le gouvernement fédéral faisait valoir les travaux manuels au-dessus des résultats académiques. Emma Gladue, survivante du pensionnat de Blue Quills, en Alberta, a offert ces insignes qu'elle dit ont été gagnés à force de mauvais traitements et d'esclavage.

Cette balance est une contribution de Sharon Edmunds, survivante d'un pensionnat de Terre-Neuve-et-Labrador, qui l'a elle-même reçue du directeur du pensionnat de Lake Melville, où on entreposait les balances dans les années 1950. Sharon a fréquenté l'école secondaire de Lake Melville pendant quatre ans, de 1975 à 1979.

Harold Gatensby, survivant du pensionnat de Carcross, au Yukon, a trouvé cette chaussure d'enfant alors qu'il montrait le site original du pensionnat à Rosy Hartman, coordonnatrice du projet de la Couverture des témoins. Le pensionnat original avait brûlé au début des années 1900. Rosy et l'artiste Carey Newman ont tous deux ressenti très clairement une présence ou un esprit lié au soulier, qui est devenu un des morceaux les plus puissants qu'ils sont recueilli. Dans la couverture, le soulier est protégé derrière un panneau de plexiglas, mais il est également enveloppé d'une tresse de foin d'odeur, entouré de sauge (herbes traditionnelles médicinales) et fixé à du tissu rouge, symbole de guérison et de protection.

Ceci est la porte qui menait à l'infirmerie du pensionnat de St. Michael, à Alert Bay, en Colombie-Britannique. Elle a été recueillie par l'artiste de la Couverture des témoins, Carey Newman, en 2014 avant que le pensionnat soit démoli. L'image au dos, intitulée " The Priest and his Prey ", a été créée par l'artiste George Littlechild. Lorsque Carey a choisi de transférer l'œuvre de George sur la porte, il ne savait pas que George avait ressenti le besoin de créer l'œuvre après avoir assisté au rassemblement de la Commission de vérité et réconciliation à Vancouver et entendu l'histoire d'abus vécue par Edwin Newman, l'oncle de Carey, au pensionnat de St. Michael.

Ce trophée a été offert par Ed Bitternose, un survivant du dernier pensionnat à fermer ses portes au Canada. Il sert à montrer que c'est encore tout récemment que les enfants autochtones étaient placés en pensionnat.

Une contribution de Lucy Kuptana, survivante d'Inuvik, cette pierre provient de la serre communautaire, qui était autrefois une patinoire pour les deux pensionnats d'Inuvik. Lucy voulait offrir quelque chose de la serre qui, selon elle, représente la transformation d'un lieu de souvenirs sombres et pénibles en un endroit de rassemblement et de guérison.

Personnes-ressources – médias

Maureen Fitzhenry