Démarche

Méthodologie : les histoires orales et l’inclusivité

L’histoire orale est maintenant utilisée par des historiens et des historiennes pour rendre l’histoire plus inclusive et plus démocratique qu’il est possible de le faire par les enquêtes traditionnelles historiques. Comme l’a écrit l’historien Paul Thompson, un spécialiste de l’histoire orale : « L’histoire orale tisse la trame de l’histoire populaire. Elle injecte de la vie dans l’histoire officielle et en élargit la portée. Elle transforme en héros non plus seulement les chefs et les figures importantes d’une époque, mais également ces gens qui forment la majorité d’un peuple… Elle fait entrer l’histoire dans la communauté et lui permet aussi de s’inspirer de cette communauté. » (traduction libre)

L’histoire orale est le moyen idéal pour approfondir les expériences, souvent peu connues, de ceux et celles qui ont vu leurs droits violés, ainsi que des personnes et des groupes, bien en vue ou moins connus, qui ont posé des gestes pour défendre les droits de la personne. Conformément au mandat du Musée, le Programme d’histoire orale souhaite inclure la voix de toutes les parties, et utiliser ces voix pour amorcer le dialogue et la réflexion sur les enjeux touchant les droits de la personne.

Critères de sélection des personnes interrogées

On essaie de faire en sorte que le Programme d’histoire orale du Musée soit inclusif en tenant compte de l’âge, du sexe, de la langue, des capacités, de la situation économique, de l’origine ethnoculturelle, de l’appartenance religieuse, de ’l’orientation sexuelle, de l’identité de genre, de l’emplacement géographique et des autres aspects du vécu des gens. À titre de musée national du Canada, l’inclusion des deux langues officielles est aussi d’une importance vitale. 

L’importance de l’équilibre et de la représentativité

L’équilibre des points de vue représente une valeur fondamentale de l’approche du Musée en matière de développement de la recherche, des expositions, et des programmes. La collection d’histoires orales offre des points de vue diversifiés, qui peuvent se contredire entre eux.

Les récits de vie

Au Musée, on recueille des récits de vie dans le cadre des ’entrevues d’histoire orale. En enregistrant le récit de toute une vie plutôt que de limiter ’l’entrevue à une expérience ou un événement particulier, les histoires orales constituent une riche banque de témoignages pour les chercheurs et chercheuses universitaires. Les entrevues peuvent durer de une à plusieurs heures et peuvent s’étaler sur plus d’une séance. Cette approche permet de mieux comprendre les propos des personnes participant au programme d’histoire orale et ouvre de nouvelles perspectives sur le passé de notre pays et du monde.

Le partage de l’autorité

Le « partage de l’autorité » représente une valeur fondamentale de nos méthodes de recherche. Les personnes interviewées déterminent ’quelles parties de l’entrevue ils souhaitent ’inclure et peuvent refuser de répondre à certaines questions. Ils peuvent interrompre ou mettre fin à une entrevue en tout temps. Ils peuvent demander qu’un extrait qui les met mal à l’aise soit retiré. On demande aux personnes interrogées de signer un formulaire de consentement qui a été soigneusement conçu pour leur permettre de préciser l’utilisation pouvant être faite de leur entrevue.