Création d’un conseil consultatif pour un projet majeur du MCDP sur la purge LGBT

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Le Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP), en collaboration avec le Fonds Purge LGBT, a créé un nouveau conseil consultatif pour un projet majeur visant à développer des expositions, des programmes publics et éducatifs et du contenu numérique sur la purge des personnes LGBTQ2+.

 

De toute l’histoire du Canada, la purge a été la plus longue et la plus vaste violation des droits de la personne contre un segment de la main-d’œuvre. Des années 1950 aux années 1990, des milliers de membres LGBTQ2+ des Forces armées canadiennes, de la GRC et de la fonction publique fédérale ont vu leur carrière entravée ou interrompue parce que leur orientation sexuelle ou leur identité de genre était considérée comme une menace pour le pays qu’elles avaient choisi de servir. Pendant la Guerre froide, ce processus discriminatoire était souvent justifié par le fait que les personnes LGBTQ2+ représentaient une menace pour la sécurité nationale en raison de leur prétendue « faiblesse de caractère » et de leur vulnérabilité au chantage des agents étrangers – malgré l’absence de preuves qu’une telle coercition n’ait jamais eu lieu.

Crowd of people holding signs at a demonstration.
Une manifestation du groupe Gays of Ottawa au milieu des années 1970. Paul-François Sylvestre, Propos pour une libération (homo)sexuelle, 1976.

Brisant des vies et des carrières, la purge a eu toutes sortes de conséquences pour ses victimes : traumatismes psychologiques, difficultés matérielles et ruine financière, automutilations et suicides.  Néanmoins, les personnes LGBTQ2+ du Canada se sont défendues, tant sur le front politique que juridique, et les mécanismes politiques de la purge ont finalement été démantelés dans les années 1990.  Cependant, cela n’a pas mis fin à la culture et aux pratiques de discrimination homophobe que la purge avait permises et soutenues. Les demandes d’excuses officielles et de compensation ont donné lieu à un recours collectif contre le gouvernement du Canada en 2016, qui a abouti à des excuses historiques aux personnes LGBTQ2+ en 2017 et à un règlement de 145 millions de dollars en 2018.

En plus des indemnisations individuelles, le règlement final comprenait des fonds pour des projets de commémoration et d’histoire publique, y compris des expositions et des programmes organisés par le MCDP. Les fonds sont administrés par une société sans but lucratif, le Fonds Purge LGBT, dont le conseil d’administration est principalement composé de membres du recours collectif.

Le conseil consultatif nouvellement créé, coprésidé par des personnes du MCDP et du Fonds Purge LGBT, aidera à guider le développement d’une grande exposition temporaire – qui devrait ouvrir en 2024 – ainsi qu’une exposition itinérante et une exposition à long terme dans les galeries principales du MCDP, en plus de programmes et de contenus en ligne qui commenceront l’année prochaine. Plusieurs des membres du conseil sont des survivant·e·s de la purge, tandis que d’autres personnes ont été choisies pour leur expertise sur la purge et les questions de droits de la personne qui y sont liées.

 

Les membres inauguraux du conseil consultatif sont :

 

  • Membre d’office : Michelle Douglas. Directrice générale du Fonds Purge LGBT, survivante de la purge, ancienne officière des Forces armées canadiennes. Ottawa.
  • Co-président : Douglas Elliott. Membre du conseil d’administration du Fonds Purge LGBT, avocat principal du recours collectif. Elliot Lake, Ontario.
  • Co-présidente : Riva Harrison. Vice-présidente, Relations externes et mobilisation communautaire, MCDP. Winnipeg.
  • Mark Berlin. Survivant de la purge, professeur de pratique à l’Université McGill, ancien directeur général des programmes juridiques internationaux au ministère fédéral de la Justice, conseiller général principal et conseiller spécial du sous-ministre, membre du conseil d’administration du MCDP. Ottawa.
  • David Churchill. Professeur d’histoire, Université du Manitoba, chercheur principal et coordonnateur de la Manitoba Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender, Two-Spirit and Queer (LGBTTQ) Archival and Oral History Initiative. Winnipeg.
  • Steven Deschamps. Survivant de la purge, lieutenant-colonel (à la retraite), Aviation royale du Canada. Colombie-Britannique.
  • Lyle Dick. Conseiller principal pour Know History Inc, ancien président de la Société historique du Canada, ancien historien de la côte Ouest pour Parcs Canada. Vancouver.
  • T. Sharp Dopler. Survivant·e de la purge, ancien lieutenant de vaisseau (à la retraite), Marine royale canadienne, pédagogue et activiste Niizh-Manidoowag. Ottawa.
  • Monica Forrester. Coordonnatrice du programme et de la sensibilisation pour Maggie’s Sex Workers Action Project, femme de couleur trans/bispirituelle. Toronto.
  • Kathryn Foss. Survivante de la purge, major (à la retraite), Forces armées canadiennes. Ottawa.
  • Patrizia Gentile. Professeure agrégée en droits de la personne et en justice sociale, Institute of Women’s and Gender Studies, Université Carleton, co-auteure du livre The Canadian War on Queers: National Security as Sexual Regulation. Ottawa.
  • Lynne Gouliquer. Survivante de la purge, ancienne membre des Forces armées canadiennes, co-auteure de nombreux articles scientifiques sur la "chasse aux sorcières" militaire contre les personnes LGBTQ2+ et leurs familles, professeure associée en sociologie, Université Laurentienne. Sudbury, Ontario.
  • Patti Gray. Survivante de la purge, ancienne membre des Forces armées canadiennes, Rainbow Veterans of Canada. Toronto.
  • Albert McLeod. Aîné bispirituel, membre du conseil consultatif concernant les excuses du gouvernement du Canada pour les injustices subies par les communautés LGBTQ2+, pionnier de l’éducation sur le VIH pour les populations autochtones. Winnipeg.
  • Orde Morton. Survivant de la purge, ancien diplomate canadien. Toronto.
  • Darryl Perry. Survivant de la purge, cadre (à la retraite) dans la fonction publique du Canada, ancien PDG de l’Association canadienne de recherche sur le VIH et de la Conférence internationale sur le sida, ancien collaborateur du Bureau du conseiller principal, Droits des LGBT, UNAID/ONU. Toronto.
  • Todd Ross. Survivant de la purge, ancien membre des Forces armées canadiennes, membre du conseil d’administration du Fonds de purge LGBT, ancien président du Conseil métis de la région de Toronto et de York de la Nation métisse de l’Ontario. Saint Andrews, Nouveau-Brunswick.
  • Douglas Stewart. Directeur général fondateur de la Black Coalition for AIDS Prevention, membre fondateur de Zami, le premier groupe queer noir de Toronto. Toronto.
  • Elenore Sturko. Agente et porte-parole de la GRC, militante LGBTQ2+; des membres de sa famille ont été touchés par la purge. Surrey, Colombie-Britannique.

Personnes-ressources – médias

Maureen Fitzhenry (elle)