Détails du communiqué
Le Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP) inaugurera demain une nouvelle exposition qui explore les violations des droits de la personne liées au déplacement forcé continu des personnes canadiennes d’origine palestinienne.
Palestine déracinée : La Nakba au passé et au présent sera présentée dans la galerie Les droits aujourd’hui, au niveau 5, jusqu’en 2028. Mettant en scène des récits personnels racontés par des objets et des témoignages vidéo, l’exposition présente des personnes canadiennes d’origine palestinienne réfléchissant à leur lutte continue pour les droits de la personne. Cette exposition de petite envergure révèle des thèmes récurrents liés à la perte et à la résilience, aidant ainsi le public visiteur à mieux comprendre cette histoire contemporaine liée aux droits de la personne.
Les témoignages de personnes canadiennes d’origine palestinienne viennent désormais s'ajouter aux nombreux autres récits de déplacements forcés et de violations des droits de la personne présentés dans les galeries du Musée. Chacune de ces histoires contribue à mieux faire comprendre les droits de la personne à notre public visiteur et aide le Musée à remplir sa mission, qui consiste à favoriser la réflexion et le dialogue.
Moments forts de l’exposition
Témoignages personnels et objets : Découvrez les témoignages de personnes canadiennes d’origine palestinienne qui racontent leur parcours, marqué par le déplacement, et leurs souvenirs à travers une série de cinq objets. Des vitrines présentent ces objets, tels que des titres de propriété, des clés de maison et une robe traditionnelle palestinienne brodée, accompagnés de courtes vidéos qui permettent une meilleure compréhension des conséquences du déplacement.
Des œuvres d’art poignantes : Dans son tableau Liées l’une à l’autre à Gaza, Malak Mattar, artiste originaire de Gaza, illustre les luttes et la résilience de sa génération, marquée par le conflit. Son œuvre rend hommage à Guernica, tableau emblématique de Picasso représentant la souffrance des personnes civiles en temps de guerre.
Couvre‐feux et fermetures, par Rajie Cook, témoigne de la vie sous occupation militaire pendant le soulèvement palestinien de 2000 à 2005, période durant laquelle les couvre‐feux et les fermetures ont été étendus, restreignant encore davantage les libertés et droits fondamentaux.
Patrimoine culturel : Découvrez la broderie traditionnelle palestinienne appelée tatreez. Les motifs et les couleurs du tatreez sont liés au lieu, à l’histoire familiale et à l’identité régionale. Les motifs sont associés à des villes, villages ou régions spécifiques de Palestine. En ce sens, le tatreez est une façon de raconter des histoires : un moyen de préserver la mémoire, de maintenir l’identité et d’exprimer la résilience face au déplacement et à l’exil.
Poésie et réflexion : Découvrez les vers évocateurs de Mahmoud Darwich, qui invitent à une réflexion personnelle sur l’exil, la parole et la responsabilité. Les membres du public peuvent prendre une carte sur laquelle figure le poème de Darwich et y ajouter un message personnel, favorisant ainsi la poursuite du dialogue au‐delà de l’exposition.
Contexte contemporain : Découvrez des images saisissantes des événements actuels à Gaza et en Cisjordanie, qui établissent un lien entre les déplacements du passé et les luttes actuelles.
Citations :
« Aucune force ne peut faire taire la vérité que nous portons en nous. Ayant grandi au Canada, mes enfants ont vécu la Nakba à travers nos récits. Et aujourd’hui, nous voyons cela se reproduire, en direct, sur nos téléphones. Quand je vois les images qui nous parviennent de Gaza, je ne regarde pas les nouvelles. Je vois mon histoire se répéter. »
- Fouad Sahyoun, un Palestinien canadien qui figure dans l’exposition
« Nous avons conçu cette exposition en ayant pleinement conscience que les voix canado‐palestiniennes ont trop souvent été marginalisées, réduites au silence ou étouffées — et que le racisme anti‐palestinien détermine quelles histoires sont entendues et quelles souffrances sont reconnues. C’est pourquoi nous avons délibérément mis en avant les voix de personnes canadiennes d’origine palestinienne tout au long de l’exposition. »
- Isabelle Masson, conservatrice de Palestine déracinée
« Les droits de la personne prennent toute leur importance précisément lorsqu’ils dérangent, lorsque la question de savoir qui mérite la dignité de voir ses droits reconnus est véritablement contestée. C’est dans ces moments‐là qu’il est le plus important qu’il existe un musée national pour les droits de la personne.
Certaines personnes estiment que cette exposition ne devrait pas exister sous sa forme actuelle. D’autres pensent qu’elle aurait dû être réalisée plus tôt. Certaines personnes visiteront cette exposition et trouveront qu’elle n’en dit pas assez, tandis que d’autres estimeront qu’elle en dit trop.
Nous avons écouté chacune de ces voix. Nous y avons réfléchi. Et nous avons renouvelé notre détermination à poursuivre ce travail difficile, parfois contesté et souvent controversé, qui consiste à favoriser la compréhension des droits de la personne. Nous sommes un musée ancré dans le cadre canadien des droits de la personne, dont la mission nous oblige à témoigner de toute la complexité de l’histoire humaine. Nous sommes fiers d’inaugurer cette exposition, car l’histoire qu’elle raconte contribuera à la réalisation de cette mission, et parce que cette histoire fait partie de la mémoire collective de la population canadienne. »
- Isha Khan, directrice générale