Découvrez l’histoire, la culture et le vécu du peuple palestinien grâce à des éléments interactifs et tactiles, des vidéos, des objets et des œuvres d’art.
Palestine déracinée : La Nakba au passé et au présent (Niveau 5 – Les droits aujourd’hui)
Une exploration émouvante du déplacement forcé continu des Palestiniens et Palestiniennes
Du 27 juin 2026 au 30 novembre 2028
Mots-clés :
Photo : David S. Boyer, domaine public
Détails de l'exposition
L’exposition Palestine déracinée : La Nakba au passé et au présent explore les violations des droits de la personne liées au déplacement forcé et à la dépossession continus de la population palestinienne.
Les Palestiniennes et les Palestiniens utilisent le terme al‐Nakba – qui signifie « la catastrophe » en arabe – pour décrire leur déplacement massif en 1948. Pour beaucoup, ce déracinement n’est pas un chapitre clos de l’histoire. Il est plutôt une expérience qui perdure, façonnée par les guerres, l’occupation militaire et les violations des droits de la personne sur cinq générations.
La violence du présent à Gaza et ailleurs dans le territoire palestinien occupé est comprise à la lumière des expériences passées de déplacement, de guerre et de pertes. En 1948, des milices, puis les forces israéliennes, expulsent une partie de la population civile, détruisant ou vidant des centaines de villages dans un contexte de guerre régionale et d’instabilité persistante. Environ 750 000 personnes palestiniennes sont déplacées de force lors de la création de l’État d’Israël.
Aujourd’hui, des millions de personnes palestiniennes sont toujours réfugiées, vivant en exil un peu partout dans le monde ou dans des camps répartis dans la région. Ce traumatisme intergénérationnel est au cœur des récits personnels et des enjeux de droits de la personne abordés dans cette exposition.
L’exposition présente des récits personnels racontés à l’aide d’objets et de témoignages vidéo et donne ainsi la parole à des personnes canadiennes d’origine palestinienne qui évoquent leur lutte continue pour la justice et les droits de la personne. Combinés à des œuvres d’art, des photos et des textes, ces éléments révèlent des motifs persistants de perte et de résistance.
Comme pour l’ensemble du contenu du Musée canadien pour les droits de la personne, cette exposition met l’accent sur les témoignages et les récits personnels, et s’appuie sur un processus rigoureux de recherche et de conservation.
Déplacement forcé
Dans le langage courant, l’expression « déplacement forcé » évoque souvent l’expulsion physique de personnes de leur domicile. Du point de vue des droits de la personne, ce terme englobe également les situations où des personnes fuient ou partent parce que des conflits, des violences, des violations des droits de la personne, des catastrophes ou d’autres pressions font qu’il est impossible ou dangereux de rester.
Le déplacement forcé peut être à la fois une conséquence de violations des droits de la personne et une cause de nouvelles violations.
À la suite du plan de partition de la Palestine adopté par l’ONU en 1947, et jusqu’à la fin de la guerre israélo‐arabe de 1948–1949, environ 750 000 Palestiniens et Palestiniennes ont été déplacés de force. Cela représentait plus de la moitié de la population arabe palestinienne de la Palestine sous domination coloniale britannique, dont environ les trois quarts des Palestiniens et Palestiniennes qui vivaient sur le territoire devenu l’État d’Israël. Certaines personnes ont été expulsées par des groupes armés, puis, après la déclaration d’indépendance d’Israël en mai 1948, par les forces armées israéliennes. D’autres ont fui par crainte de violences ou sont parties après avoir reçu des avertissements ou des directives, notamment de la part de leaders arabes de Palestine qui ont exhorté les femmes, les enfants et les personnes âgées à quitter certaines zones de combat jusqu’à ce que la situation devienne plus sûre. Les personnes sont parties en espérant pouvoir bientôt rentrer chez elles.
La Nakba
D’un point de vue historique, le terme Nakba désigne le déplacement forcé et la dépossession des Palestiniens et Palestiniennes en 1948. Dans son sens contemporain, beaucoup considèrent la Nakba non seulement comme un événement du passé, mais aussi comme un processus qui se poursuit encore aujourd’hui. Cela fait référence aux conséquences persistantes du déplacement, du statut de personne réfugiée, de l’occupation militaire, de l’expansion des colonies, des démolitions de maisons, de la confiscation des terres, des restrictions de circulation, du blocus et des guerres à répétition. Cette conception de la Nakba comme un processus continu de déplacement forcé et de dépossession se reflète dans les travaux de bon nombre d’universitaires, de spécialistes et d’organisations œuvrant dans le domaine des droits de la personne.
La Nakba dans leurs propres mots, leur art et leur culture
À l’automne 2022, le Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP) a enregistré des entretiens avec des personnes canadiennes d’origine palestinienne à Montréal et à Winnipeg. Ces entretiens ont été intégrés à la collection d’histoires orales du Musée, qui compte plus de 300 entretiens liés aux droits de la personne.
En 1948, de nombreuses personnes palestiniennes déplacées de force ont emporté avec elles les clés de leur maison, convaincues d’y retourner bientôt. Aujourd’hui, ces clés sont des symboles puissants du déplacement forcé et de la dépossession de la population palestinienne qui perdurent.
Ancrée dans une tradition textile ancestrale, la broderie tatreez prend un sens nouveau après le déplacement de masse de 1948, devenant une forme de résistance culturelle qui permet de préserver la mémoire et l’identité en exil. Tout au long de cette exposition, ce thème se retrouve dans la conception graphique, les objets exposés et les éléments tactiles, formant un fil conducteur visuel qui relie la mémoire, le territoire et la communauté.
Un panneau tactile de tatreez invite le public visiteur à explorer au toucher les fils en relief et à déclencher la projection d’un film. Réalisé par une étudiante universitaire palestinienne‐canadienne de la région, il intègre des motifs et des couleurs qu’elle a choisis pour refléter l’expérience de sa famille et ses liens avec Jérusalem et Hébron.
Rajie Cook, artiste et graphiste palestino‐américain, a créé cette œuvre d’art pour témoigner de la vie sous occupation militaire. Elle évoque les années de la deuxième Intifada, de 2000 à 2005, période durant laquelle l’extension des couvre‐feux et des fermetures a encore davantage restreint les droits et libertés fondamentaux.
Un élément interactif de « boîtes de souvenirs » invite le public visiteur à découvrir des récits sur le déplacement, la mémoire et la résilience, racontés par des personnes canadiennes d’origine palestinienne, survivantes de la Nakba, ou leur descendance. Cinq thèmes – Déplacement forcé, Culture vivante, Nostalgie du pays, Résistance et Traumatisme persistant –, permettent d’explorer une série d’objets associés à des vidéos de deux minutes qui mêlent réflexions personnelles et expériences vécues. Chaque objet contribue à donner vie à un thème, en tissant des liens entre les objets, les souvenirs et les récits au fil des générations.
Des poèmes du Mahmoud Darwich et une œuvre de Malak Mattar
Nous voyageons comme tout le monde, mais nous ne retournons nulle part… Nous avons un pays de mots. Parlez, parlez, pour que nous connaissions la fin de ce voyage.
L’exposition comprend des poèmes du poète palestinien Mahmoud Darwich, notamment des extraits de Pense aux autres et de Nous voyageons comme tout le monde. Associés à des témoignages personnels, à des objets et à une œuvre de Malak Mattar, jeune artiste palestinienne originaire de Gaza dont le travail a été marqué par les guerres successives qu’elle a vécues durant son enfance et son adolescence, ces poèmes soulignent le rôle essentiel de l’art et de la culture dans la préservation de la mémoire, de l’identité et de la résilience.
Des strophes tirées des poèmes de Darwish et une peinture de Malak Mattar sont projetées sur trois bannières allant du sol au plafond, avec d’autres images historiques et contemporaines.
Video : Haala Sahyoun
Une œuvre de Najat El‐Taji El‐Khairy
La carte titre de la vidéo présente une œuvre de Najat El‐Taji El‐Khairy, une artiste palestinienne‐canadienne installée à Montréal. Née réfugiée en 1948, elle est issue d’une famille qui a été expulsée de force de son foyer et de ses terres, qui comprenaient des vergers d’oranges et de pamplemousses de Jaffa. Les oranges de Jaffa étaient mondialement connues et largement exportées, notamment vers l’Europe. L’un des objets de l’exposition, prêté par l’artiste, est un emballage d’orange de Jaffa que sa mère avait conservé et utilisait pour raconter l’histoire de leur famille à ses enfants et petits‐enfants.
Summary
L’exposition Palestine déracinée : La Nakba au passé et au présent est présentée dans la galerie Les droits aujourd’hui du 27 juin 2026 au 30 novembre 2028.
Questions de réflexion
Comment les témoignages nous aident‐ils à comprendre les déplacements forcés comme une question de droits de la personne, où qu’ils se produisent dans le monde?
Que révèlent les objets, l’art et la culture sur l’expérience des gens en matière de droits de la personne?
En quoi la connaissance des expériences palestiniennes peut‐elle influencer notre façon de concevoir les droits de la personne aujourd’hui?
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La Nakba palestinienne
Nous vous invitons à consulter ce guide comme point de départ pour en savoir plus sur le déplacement forcé historique et actuel des personnes palestiniennes.

Déplacement forcé
Dans ce guide, vous trouverez des ressources sur les déplacements forcés dans le monde.

« Mes futurs enfants ne connaîtront jamais le chez‐nous que j’ai connu »
Par Damhat Zagros
Une réflexion à la première personne sur le fait d’avoir été obligé de quitter son chez‐soi, et sur ce que cela signifie pour l’auteur et pour les générations futures, avec des illustrations de l’artiste kurde Neirouz Houri. L’article fournit un récit évocateur ainsi que des renseignements sur le droit international relatif aux personnes réfugiées et déplacées à l’intérieur de leur propre pays et sur les effets intergénérationnels des traumatismes et des déplacements.
