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Visitez le Musée pour 5 $ seulement le vendredi 13 décembre de 17 h à 21 h.

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Une ex-« femme de réconfort » philippine défend les droits de la personne sous l’angle du viol de guerre et de la traite des personnes

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Détails du communiqué

Le Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP) a organisé la visite au Canada de l'une des dernières survivantes de l'esclavage sexuel pratiqué par l'armée japonaise lors de la Seconde Guerre mondiale.

Lola Fidencia David, 86 ans, est accompagnée depuis les Philippines par Cristina Lope Rosello, une thérapeute philippine qui aide les anciennes " femmes de réconfort " à vivre avec le traumatisme hérité de leur difficile passé. Le livre de Mme Rosello, Disconnect: The Filipino Comfort Women, retrace les pénibles répercussions du silence qui a pesé durant un demi-siècle après la guerre sur les filles et les jeunes femmes enlevées et réduites en esclavage sexuel au service des soldats japonais dans ce que l'on appelait des " maisons de confort ".

" Il est essentiel de briser le silence autour des violations des droits de la personne pour que la collectivité autant que les victimes puissent guérir et s'épanouir ", a expliqué Stuart Murray, président-directeur général du MCDP, lors de la conférence de presse tenue aujourd'hui au Winnipeg Chinese Cultural and Community Centre (WCCCC), en présence d'universitaires et de membres de la communauté d'origine asiatique de Winnipeg. 

" En faisant face au passé et en en assimilant les leçons, nous contribuons à mettre au jour les atteintes aux droits de la personne qui se perpétuent de nos jours, dont le viol de guerre et la traite des femmes à des fins d'exploitation sexuelle. Au MCDP, nous tenons à favoriser la réflexion et le dialogue sur ces enjeux cruciaux. "

Mme David n'avait que 14 ans lorsqu'elle a été envoyée de force dans une garnison de l'armée japonaise et violée à répétition par des soldats japonais. En 2007, elle a témoigné devant les députés de la Chambre des communes du Canada, qui ont ensuite adopté à l'unanimité une motion exhortant le gouvernement japonais à assumer pleinement sa responsabilité et à présenter des excuses officielles aux quelque 200 000 femmes de réconfort originaires de la Corée, de la Chine, des Philippines et d'ailleurs.

Ce n'est qu'au cours des années 1990 que l'histoire des femmes de réconfort a été portée à l'attention de la communauté internationale. Mme Rosello a participé en 1999 à la campagne visant à intégrer la notion de justice respectueuse de l'égalité des sexes et des droits des victimes au statut de la Cour pénale internationale (CPI), qui a fini par faire du viol de guerre un crime relevant de sa compétence. La thérapie qu'elle offre a non seulement aidé les ex-femmes de réconfort à retrouver leur dignité, mais elle leur a donné la force de se porter à la défense des droits des femmes partout dans le monde. 

" Les récits des survivantes doivent être préservés afin que les nouvelles générations n'oublient jamais que de tels abus envers les femmes ne peuvent être tolérés et que nous devons rester vigilants en dénonçant les horreurs dont sont victimes les femmes de nos jours ", a affirmé Mme Rosello. 

Le MCDP enregistrera les entrevues des deux femmes et les incorporera à sa collection d'histoires orales portant sur les droits de la personne. Des activités publiques sont prévues à Winnipeg et à Toronto. Vous trouverez le calendrier des activités ci joint.

Clint Curle, du MCDP, a organisé une série d'allocutions et d'activités avec l'aide du WCCCC et de son président, Joseph Du, de Rod Cantiveros, qui est attaché au The Filipino Journal, de Tina Chen de l'Université du Manitoba, et de la Toronto Association for Learning and the Preserving of History of WWII in Asia (ALPHA) et de son fondateur, Joseph Wong, Ph.D.

Rod Cantiveros souligne que l'esclavage sexuel dont ont été victimes des Philippines pendant la Seconde Guerre mondiale est encore relativement peu connu, ce qui l'a convaincu de créer une pièce de théâtre sur une Canadienne d'origine philippine qui découvre que sa mère est une ancienne femme de réconfort. Un extrait de sa pièce sera présenté dans le cadre de l'activité qui aura lieu ce soir au Philippine Canadian Centre of Manitoba.

Le MCDP, dont l'ouverture est prévue à Winnipeg en 2014, est le premier musée entièrement voué à l'évolution, la célébration et l'avenir des droits de la personne. C'est le premier musée national à voir le jour au Canada depuis 1967, ainsi que le premier musée à être érigé à l'extérieur de la région de la capitale nationale. 

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :Maureen Fitzhenry
Gestionnaire des relations avec les médias du MCDP
204 289‑2112
Cell. : 204 782‑8442
maureen.fitzhenry@museumforhumanrights.ca

Calendrier des activités 

Winnipeg

17 octobre, de 19 h à 21 h : Activité communautaire au Philippine Canadian Centre of Manitoba, 737 rue Keewatin, commanditée en conjonction avec le Winnipeg Chinese Cultural and Community Centre

18 octobre, à midi : Table ronde sur la violence sexuelle subie par les femmes en temps de guerre et dans les zones de conflit, édifice de la faculté de droit de l'Université du Manitoba

Toronto

20 octobre, à 11 h : Service de la paroisse catholique, Église Unie de Forest Hill, 2, route Wembley (Bathurst et Eglinton)

21 octobre :

  • à 9 h : Assemblée étudiante réunissant 800 élèves du conseil scolaire du district de Toronto (CSDT)
  • à 12 h 15 : Assemblée étudiante réunissant 500 élèves du CSDT

22 octobre :

  • de 13 h 30 à 15 h 30 : Table ronde, Université de Toronto, New College, auditorium William Doo, 45, rue Willcocks
  • de 18 h 30 à 20 h : Activité communautaire, bibliothèque Barbara Frum, 20, route Covington 

Notices biographiques

Lola Fidencia DavidQuand l'armée japonaise a occupé sa petite ville, Lola, alors âgée de 14 ans, a été capturée, puis violée à d'innombrables reprises la nuit, tout en étant obligée de nettoyer le camp militaire pendant la journée. Elle a aussi été témoin du viol brutal et du meurtre de sa grand mère. Après la guerre, elle s'est coupée de la société et toute intimité physique la répugnait. Elle n'arrivait pas à s'extirper des affres de son passé. Grâce à la thérapie qu'elle a suivie plus tard dans sa vie, elle est arrivée à faire face à son passé, à composer avec la haine qui l'habitait et a appris l'art de parler en public, un talent qu'elle a mis à profit pour que soient reconnues les souffrances des ex-femmes de réconfort et pour promouvoir les droits de la personne. Elle a pris la parole devant divers auditoires à Pékin, aux Pays Bas, en Afrique du Sud, en Australie, au Canada, au Royaume Uni et chez elle aux Philippines. Elle s'est ainsi adressée aux députés de la Chambres de communes du Canada en 2007, qui ont par la suite adopté à l'unanimité une motion exhortant le Japon à assumer ses responsabilités et à présenter ses excuses aux anciennes " femmes de réconfort ".

Cristina Lope RoselloMme Rosello est une psychologue clinicienne qui aide les anciennes " femmes de réconfort " à vivre avec leur traumatisme, à retrouver leur dignité et à devenir des porte parole éloquentes capables de défendre les droits des femmes. Mme Rosello est une diplômée de l'Université des Philippines. Elle dirige une clinique privée spécialisée dans les soins aux femmes battues et aux enfants maltraités, tout en offrant des séances aux ex-femmes de réconfort, dont les résultats cliniques ont servi à faire avancer la cause des femmes qui demandaient réparation au Japon. Elle a aussi participé activement à la campagne visant à intégrer la notion de justice respectueuse de l'égalité des sexes et des droits des victimes au statut de la Cour pénale internationale (CPI), qui a fini par faire du viol de guerre un crime relevant de sa compétence. Mme Rosello a prononcé des discours dans de nombreux pays au nom des ex femmes de réconfort. Elle est une affiliée internationale de l'American Psychological Association et l'auteur de l'ouvrage Disconnect: The Filipino Comfort Women.