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Combattre pour ses droits : La boxe en vedette au Musée

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Détails du communiqué

Une discussion en groupe avec la famille d'un boxeur rom persécuté par le régime nazi et un pugiliste sikh qui s'est opposé à la discrimination religieuse

Johann " Rukeli " Trollmann était un boxeur vedette en Allemagne, qui a ouvertement contesté l'idéal racial nazi de l'athlète aryen au sang pur en se présentant à un combat de championnat, en 1933, le corps couvert de poudre blanche et les cheveux teints en blond. Parce qu'on lui avait interdit de se battre selon son style dansant habituel et " non germanique ", il a été mis K. O. au cinquième round. 

Son courageux geste de révolte en a fait un héros aux yeux des Roms persécutés (aussi appelés " Tziganes ", entre autres noms), mais il a mis fin à sa carrière de boxeur. Johann Trollmann a plus tard été envoyé dans un camp de concentration nazi, où il a fini par être battu à mort. Son histoire est racontée dans la galerie Examiner l'holocauste du MCDP.

Pardeep Singh Nagra, le champion de boxe ontarien de la catégorie poids mi-mouche en 1999, s'était vu interdire le droit de participer aux championnats du Canada parce qu'il refusait de se raser la barbe, un signe religieux obligatoire pour les Sikhs. Les tribunaux ont tranché en faveur de Pardeep Nagra et ont demandé à l'Association canadienne de boxe amateur de mettre fin à la discrimination fondée sur la religion et de respecter la Charte canadienne des droits et libertés. Pardeep Nagra gère actuellement le bureau de l'équité en emploi du conseil scolaire du district de Toronto (TDSB). Il siège de plus au Conseil chargé de la participation communautaire des Jeux panaméricains 2015. 

Le Musée canadien pour les droits de la personne sera l'hôte d'une discussion en groupe le dimanche 24 mai avec Pardeep Nagra et un membre de la famille Trollmann, venu de l'Allemagne. Des représentants de Pan Am Place et de Pan Am Boxing, de Winnipeg, seront aussi présents. Au cours de cette rencontre, qui coïncide avec l'Année du sport au Canada, on discutera comment le sport peut se transformer en lieu de résistance, d'éducation et de changement, en incitant les gens à défendre les droits de la personne. La discussion en groupe sera suivie d'une période de questions.

Activité : Discussion en groupe sur la boxe et les droits de la personne
Date et heure : Le dimanche 24 mai 2015, de 14 h à 15 h 30
Lieu : Salle Bonnie & John Buhler, MCDP (85 Israel Asper Way)
Coût : Gratuit (droit d'entrée habituel aux galeries du Musée) 

La famille Trollmann, qui a créé un livre pour enfants à partir de l'histoire de Rukeli, offrira aussi un programme spécial pour un groupe choisi d'élèves au Musée, le mardi 26 mai à 10 h. Les journalistes sont aussi conviés à assister à cette activité. 

Vous trouverez ci joint plus d'information au sujet de Trollmann et Nagra.


Document d'information

L'histoire de Johann Trollmann est racontée à l'aide d'un écran numérique et d'une vidéo dans la galerie Examiner l'holocauste, dans une section qui s'attarde à l'abus de la puissance étatique en tant que pilier, parmi d'autres, du phénomène génocidaire. Les nazis rêvaient d'une Allemagne de " race pure "; ils persécutaient ceux et celles qui ne cadraient pas avec cette vision et punissaient les opposants.

Lorsque Johann Trollmann, un boxeur rom sinti, a participé au championnat des poids légers en 1933, son adversaire aryen a été déclaré gagnant malgré l'évidente supériorité de Trollmann. Ses partisans ont bruyamment protesté et Trollmann a été déclaré vainqueur, mais on l'a par la suite privé de son titre. 

Selon les nazis, son style dansant particulier de boxe n'était pas germanique mais un truc " tzigane ", et ils lui ont ordonné d'adopter le style traditionnel allemand pour son prochain combat. Il s'est présenté au match le corps couvert de poudre blanche et les cheveux teints en blond, se moquant ainsi de l'idéal racial nazi. Parce qu'il ne pouvait se battre dans le style " non germanique " qui était le sien, il a été mis hors combat au cinquième round. Son courageux geste de révolte en a fait un héros aux yeux des Roms, mais il a mis fin à sa carrière de boxeur.

Johann Trollmann a été envoyé dans un camp de travail en 1938, puis enrôlé dans les forces armées allemandes, au sein desquelles il a été blessé sur le front de l'Est. En 1942, les nazis ont annoncé par décret que les Sintis et les Roms allaient être exclus des forces armées pour des motifs politiques racistes. Johann Trollmann a alors été arrêté, condamné aux travaux forcés le jour, puis le soir venu, ils devaient affronter des nazis dans des matchs de boxe. D'autres prisonniers le provoquaient aussi en duel, et l'un d'eux l'a battu à mort en 1944.

En 2003, la fédération de boxe allemande reconnaissait officiellement Johann Trollmann vainqueur du championnat de 1933 et remettait la ceinture de détenteur du titre à sa famille. La famille Trollman a fondé en Allemagne l'Association Rukeli Trollmann, qui vient en aide aux jeunes des minorités ethniques qui ont du talent dans les sports, la musique et les arts. L'association organise aussi des programmes et des activités d'éducation et de sensibilisation aux droits de la personne à travers les leçons tirées de l'histoire de Johann Trollmann. Un livre pour enfants inspiré de la vie du boxeur rom a aussi été produit.

Pardeep Singh Nagra a fait les manchettes internationales quand il a obtenu le droit de participer aux championnats du Canada sans avoir à raser sa barbe, un signe religieux obligatoire pour les Sikhs.

Champion de boxe de l'Ontario en 1999 dans la catégorie poids mi-mouche, Pardeep Nagra souhaitait se qualifier pour les Jeux olympiques de 2000 à Sydney. On lui a toutefois interdit de participer aux finales nationales à cause de sa barbe, et ce, jusqu'à ce qu'il entame une poursuite judiciaire contre l'Association canadienne de boxe amateur. 

Le verdict a été que tout règlement qui empêche un boxeur portant la barbe pour des motifs religieux de participer à un combat enfreint la Charte canadienne des droits et libertés. L'association a ensuite reporté le match de Nagra dans la division des poids mi-mouche, plutôt que de le laisser combattre, pour finalement l'accepter au sein de la compétition, à condition qu'il porte un filet à barbe. En fin de compte, il n'a pas pu se qualifier en vue des Jeux olympiques de Sydney, mais il a remporté une importante victoire dans l'arène des droits de la personne.

De nos jours, Pardeep Nagra est un militant des droits de la personne, un conférencier, un enseignant et un consultant spécialiste des questions d'équité et de diversité. Il gère le bureau de l'équité en emploi du conseil scolaire du district de Toronto, et il siège au Conseil chargé de la participation communautaire des Jeux panaméricains 2015. 

Il est aussi le directeur général du Sikh Heritage Museum of Canada et a servi au sein du service de police régional de Peel, où il a reçu le titre de policier auxiliaire de l'année. Pardeep Nagra s'est aussi vu décerner la Médaille de la Paix de YMCA Canada, le prix Arbor de l'Université de Toronto, le prix de la présidence de la région de Peel pour services à la collectivité et la Médaille du jubilé de diamant de la Reine.

Personnes-ressources – médias

Maureen Fitzhenry