Des Ougandaises au MCDP pour l’ouverture d’une exposition sur les filles en temps de guerre

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Une femme tenant un bébé, tandis que quatre hommes en tenue militaire se tiennent à côté et derrière elle. Ils sont tous debout devant une forêt et posent pour la photo.

Photo : Erin Baines

Détails du communiqué

Deux Ougandaises, enlevées alors qu’elles étaient jeunes filles et détenues pendant des années par un groupe rebelle militaire tristement célèbre, étaient au Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP) pour l’ouverture d’une nouvelle exposition aujourd’hui, Ododo Wa : Filles en temps de guerre.

Evelyn Amony a été enlevée à l’âge de 11 ans puis forcée d’épouser l’infâme chef de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), Joseph Kony, quand elle avait seulement 14 ans. Pour sa part, Grace Acan a été enlevée à l’âge de 16 ans en même temps que 138 autres filles du pensionnat catholique St. Mary’s College, à Aboke. Elles ont pris la parole lors d’une activité publique dans la galerie Les droits aujourd’hui. Isabelle Masson, conservatrice, et des représentantes du projet Esclavage conjugal en temps de guerre, basé à l’Université York, à Toronto, ont également participé à la conversation.

Un homme pointe du bras le mur d'une exposition muséale afin de démarrer une vidéo.
Photo : MCDP, Aaron Cohen

La nouvelle exposition, explore les traumatismes liés à la captivité, à l’esclavage conjugal et aux travaux forcés du point de vue de ces deux femmes. Elle comprendra des objets, dont une jupe trouée de balles que Grace Amony a portée, des dessins faits à la main illustrant la vie dans les camps rebelles et des films d’animation inspirés d’extraits d’entrevues d’histoire orale que le MCDP a réalisées avec les deux femmes. 

Leurs expériences révèlent une dimension de la guerre qui est trop souvent ignorée. Si la violence sexuelle est généralement considérée comme une conséquence malheureuse des conflits armés, il s’agit souvent d’une stratégie délibérée. Cette question retient de plus en plus l’attention de la communauté internationale. Les lauréats du prix Nobel de la paix de l’année dernière (Denis Mukwege, médecin en République démocratique du Congo, et Nadia Murad, une Irakienne yézidie) ont été honorés pour leur action contre la violence sexuelle en tant qu’arme de guerre.

Ododo wa signifie « nos histoires » dans les langues luo du nord de l’Ouganda. En établissant un lien entre l’utilisation d’histoires pour cheminer vers la guérison et les voix uniques de Grace Acan et d’Evelyn Amony, l’exposition amplifie les espoirs, le courage et la force des survivantes dans leur travail de sensibilisation et de justice.

L’exposition Ododo Wa : Filles en temps de guerre sera présentée au Musée canadien pour les droits de la personne jusqu’en novembre 2020. Elle a été réalisée par le Musée en collaboration avec Grace Acan et Evelyn Amony, et en partenariat avec le projet Esclavage conjugal en temps de guerre - ouvrira un nouvel onglet. Une version itinérante de l’exposition a également été créée, qui sera d’abord présentée en Ouganda dans le but de susciter et de soutenir le dialogue sur les expériences des femmes dans les conflits et les guerres. 

Par ailleurs, le Musée a élaboré un guide de ressources en ligne exhaustif qui fournit de l’information sur les enfants en temps de guerre et de conflit, y compris des livres, des reportages, des documentaires, des organisations, des documents universitaires, des publications gouvernementales et des statistiques.

Informations d’arrière-plan

Pendant plus de 20 ans, à partir du milieu des années 1980, l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) a fait la guerre au gouvernement de l’Ouganda. Des dizaines de milliers d’enfants ont été enlevés et enrôlés de force dans l’armée rebelle dirigée par Joseph Kony. Garçons et filles recevaient de l’entraînement militaire et étaient forcés à transporter de lourdes charges de munitions et de vivres à travers la brousse et au-dessus de montagnes, marchant pendant des jours entiers avec peu à manger et à boire.

Une femme tenant un livre s'appuie contre un mur.
Photo : Jodie Martinson
Grace Acan, 2008.

Les filles comme Evelyn Amony et Grace Acan ne servaient pas seulement comme soldates et ouvrières, mais elles ont aussi été forcées d’agir comme épouses des commandants militaires et de porter leurs enfants. Leur vie était constamment en danger du fait qu’elles enduraient la guerre et des conditions de vie extrêmes, tout en étant témoins de crimes inqualifiables contre l’humanité.

Lorsqu’elles se sont finalement échappées après des années de captivité, elles ont dû faire face à de nouvelles épreuves de pauvreté et d’ostracisme en raison du temps qu’elles avaient passé avec la LRA. Au bout de nombreuses années de lutte pour reconstruire leur vie, Evelyn Amony et Grace Acan sont devenues des leaders et des porte-parole pour les femmes ayant survécu à ces épreuves. Les deux ont publié des livres au sujet de leurs expériences.

En 2008, elles ont aidé à fonder le Women’s Advocacy Network - ouvrira un nouvel onglet, en Ouganda, qui représente maintenant 900 survivantes. Les femmes se sont unies pour favoriser leur guérison et pour réclamer des réparations telles que l’accès aux soins de santé, une compensation financière, l’éducation et la reconnaissance des droits successoraux pour leurs enfants nés en captivité.

En juin de cette année, le gouvernement ougandais a approuvé une politique de justice transitionnelle tant attendue, qui établit un cadre pour des processus de paix, de responsabilité, de justice et de réconciliation durables après des décennies de guerre civile dévastatrices.

Kony a été inculpé par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye en 2005 pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité mais il est encore en liberté. Cependant, une procédure de la CPI se poursuit contre un commandant de la LRA, Dominic Ongwen, qui avait lui-même été enlevé par la LRA et forcé d’être un enfant soldat avant de devenir chef dans les rangs rebelles.

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Personnes-ressources – médias

Rorie McLeod