Awasisuk

Créer un meilleur avenir non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos enfants

Du 28 février 2023 au 22 mars 2023

Cette activité est passée.

Une section d'une robe orange à clochettes est représentée. Les clochettes, ou petits pendentifs argentés en forme de cône, sont visibles en haut de l'image. Sous elles, sept figures humaines sont représentées, toutes de couleurs et de tailles différentes. L'une des figures porte une chemise orange. Ces figures humaines se tiennent la main à l'intérieur d'un tipi multicolore.

Détails de l'activité

Prix :
Cet espace est libre d’accès.
Lieu :
Hall des salles de classe The Forks North Portage Partnership

Awasisuk sera ouvert au public à partir du 28 février 2023, dans le Corridor communautaire du Musée canadien pour les droits de la personne.

Le Corridor communautaire est situé dans le hall des salles de classe The Forks North Portage Partnership, au rez‐de‐chaussée, et est accessible gratuitement pendant les heures d'ouverture du Musée.

Présentation du projet par Amanda Grieves,
créatrice d’Awasisuk

Awasisuk traite de la guérison intergénérationnelle et du processus qui consiste à avancer pour créer non seulement un meilleur avenir pour nous‐mêmes, mais aussi pour nos enfants.

Cette pièce s’inspire en partie du mouvement « Chaque enfant compte ». Lorsque la nouvelle de la découverte de tombes anonymes a commencé à circuler, j’ai vu beaucoup de blessures non guéries et de traumatismes intergénérationnels faire surface chez de nombreuses personnes de ma communauté. Ce mouvement a permis de faire connaître la vérité aux gens du monde entier et de faire reconnaître le traumatisme intergénérationnel que les pensionnats et la colonisation ont causé et continuent de causer.

Dans les pensionnats, les enfants, y compris mes parents, ont appris à supprimer leurs émotions afin de se protéger. Cette leçon nous a ensuite été transmise, à moi et à mes frères et soeurs. Chaque fois que quelque chose de difficile se produisait, on nous disait de garder nos sentiments pour nous et de rester forts pour les personnes qui nous entouraient, ce qui a fini par perpétuer ce cycle de suppression des émotions. Supprimer nos sentiments et nos expériences vécues empêche finalement de guérir, car si on ne peut pas reconnaître ce qui nous est arrivé, on ne peut pas vraiment guérir.

C’est la grâce de notre Créateur qui m’a accompagnée dans mon processus de guérison, la même grâce qui a accompagné mes ancêtres. Dans le cadre de mon processus de guérison, j’ai continué à me rapprocher de ma culture en confectionnant des vêtements. Ce processus créatif m’a aidée à reconnaître les nombreux aspects magnifiques de ma culture. J’espère transmettre cette beauté à mes enfants.

Awasisuk représente le chemin de la guérison et son importance non seulement pour nous, mais aussi pour les générations futures. Nous ne pouvons pas continuer à nous accrocher aux blessures du passé et à nos erreurs ; nous devons nous pardonner et demander de l’aide lorsque nous en avons besoin. Il est important de poursuivre ce voyage en faisant preuve de gentillesse envers soi‐même et en se libérant d’une manière saine plutôt que de s’enliser dans le chagrin et la tristesse. En nous guérissant nous‐mêmes, nous pouvons aller de l’avant avec de bonnes intentions pour nos enfants.

Awasisuk partage non seulement l’histoire difficile des personnes autochtones, mais aussi la résilience de notre peuple et la beauté de notre culture.

Au sujet d’Amanda Grieves, créatrice d’Awasisuk

Je m’appelle Amanda Grieves Bradburn. Je suis couturière et mère de six enfants en pleine croissance. Je suis née et j’ai grandi dans la nation crie de Bunibonibee, également connue sous le nom d’Oxford House.

Mes parents sont Alan Dennis Grieves et ma défunte mère, Roberta Grieves. J’ai une expérience de travail dans le domaine de la santé mentale et de la toxicomanie, ainsi que des certificats en soins tenant compte des traumatismes. Je suis également animatrice du Cercle de réconciliation. J’ai exposé mes œuvres d’art au Health and Leisure Mart de Thompson.

J’anime des ateliers sur les jupes à rubans, et je donne bénévolement de mon temps pour partager les enseignements sur les jupes à rubans au refuge pour sans‐abri et au 95 Cree Road. J’ai fabriqué et donné des jupes à des mères, des jeunes et des élèves de la communauté. J'ai également confectionné deux robes à clochettes, l'une rouge et l'autre orange, en l'honneur de Chaque enfant compte et des FFADA, avec la communauté lors des festivités de la Journée des peuples autochtones.

Il existe de nombreuses questions sociales qui ont été conditionnées dans nos familles ; certaines ne sont pas forcément très positives et peuvent mener à des impacts négatifs du cycle.

Je connais ces problèmes et je les ai vécus en tant que femme.

J’ai enduré beaucoup de chagrin et de pertes. C’est à cause d’un effondrement familial qui était presque trop accablant que j’ai presque perdu l’espoir.

J’ai le sentiment que chaque personne a un don, mais certaines peuvent se sentir trop enfoncées dans le chagrin et les traumatismes au point que le sentiment de désespoir et le manque de confiance les empêchent de voir leur véritable potentiel.

D’aussi loin que je me souvienne, mon père aidait ma communauté, tout comme mon grand‐père, le révérend Vernon Grieves. Je pense que c’est de là que j’ai hérité mes dons de défenseure, à savoir utiliser mes dons pour servir les autres qui ont besoin de soutien. J’utilise ma créativité et je transmets mes compétences à d’autres jeunes et mères. C’est ainsi que je veux utiliser ma voix pour parler de soins de soi, de pardon, de détermination, d’amour, de vérité et de résilience, utiliser mes dons pour donner du pouvoir aux autres par l’expression créative.

Les significations et les histoires d’Awasisuk vues de plus près

Cette section de la robe à clochettes orange montre deux figures humaines à l’intérieur d’un tipi multicolore. L’un des personnages porte une chemise orange.

Sur le devant de la robe se trouvent deux enfants dans un tipi. Ils sont awasisuk, en sécurité dans le confort de leur maison.

L’ouverture du tipi comporte un foulard de kukum. Cela signifie l’amour d’une mère et d’une grand‐mère pour tous les enfants qui entrent dans sa maison.

Le dos de la robe orange à clochettes montre huit figures humaines de différentes couleurs qui se tiennent par la main et forment une ligne qui encercle la robe. Des clochettes sont cousues sur la robe au-dessus et au-dessous des personnages.

L’arrière de la robe montre des enfants se tenant debout ensemble et décrivant un cercle vers l’avant. Vous pouvez voir que les enfants sont de couleurs différentes et qu’ils sont unis. Cela représente le cœur d’un enfant. Il y a une chanson que j’entendais toujours en grandissant : « Rouge, jaune, noir et blanc, tous sont précieux à ses yeux » et c’est à cela que je pensais en réalisant cette image. Les enfants sont innocents, ils rient et jouent et ils ne ressentent pas la haine, mais l’amour. C’est ce qu’on a enlevé aux enfants qui ont été placés de force dans les pensionnats.

Cette partie de la robe orange à clochettes est constituée de multiples rubans colorés.

Nos grands‐mères coupaient leurs propres rubans dans des tissus qu’elles avaient pour les ajouter à leurs jupes, couvertures, etc. J’aime utiliser de belles couleurs dans toutes mes jupes à rubans. J’ai appris cette forme d’art de mes grands‐mères. Leurs enseignements me tiennent à cœur.

Cette section de la robe orange à clochettes montre un oiseau-tonnerre.

J’ai coupé du tissu imprimé avec l’oiseau-tonnerre pour l’ajouter au ruban. L’oiseau-tonnerre raconte l’histoire que mon grand‐père, le révérend Vernon Grieves, m’avait racontée. Notre Créateur Manitou envoie les oiseaux‐tonnerre pour attaquer seulement les serpents. Ils ne te feront pas de mal.

Une section d'une robe orange à clochettes est représentée. Les clochettes, ou petits pendentifs argentés en forme de cône, sont visibles en haut de l'image. Sous elles, sept figures humaines sont représentées, toutes de couleurs et de tailles différentes. L'une des figures porte une chemise orange. Ces figures humaines se tiennent la main à l'intérieur d'un tipi multicolore.

Le tipi a un arc‐en‐ciel de couleurs et ces couleurs, tout le monde les a à l’intérieur. Il signifie l’amour de notre Créateur Manitou.

Une jeune femme est représentée portant une robe orange à clochettes. Elle est dehors dans un parc. On peut voir une statue d'avion derrière elle.

La robe à clochettes est une robe de guérison. J’ai fait des robes à clochettes pour ma fille Karalyn. Voici une des robes que j’ai faites pour elle. Elle est de couleur orange en l’honneur de Chaque enfant compte. Elle raconte une histoire que j’ai intitulée « Awasisuk ». Les clochettes ont un son musical doux et équilibré ; on peut l’entendre et le voir dans la danse de guérison.

Ma fille danse pour sa communauté, pour les jeunes et pour les êtres chers qui ne sont plus parmi nous.