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Cinq femmes qui devraient avoir la notoriété au Canada

Le mardi 8 mars 2016

Il y a cent ans, les femmes avaient le droit de voter pour la première fois au Canada. L’occasion semble parfaite pour célébrer les exploits des Canadiennes. Au Musée, nous présentons l’histoire de nombreuses Canadiennes qui ont lutté pour défendre les droits de la personne. Certaines de ces femmes sont très connues, comme Buffy Sainte-Marie et Malala Yousafzai (citoyenne honoraire du Canada), alors que d’autres ne sont pas aussi célèbres, même si elles le méritent. Aujourd’hui, notre article de blogue parle de ces femmes moins illustres, des femmes qui devraient être davantage connues au Canada.

5) Nellie McClung:

A black and white image of Nellie McClung sitting at a desk. She is wearing a white blouse and holds a pen in her hand. On the desk there is a lamp, an inkwell and some paper.
Nellie McClung à son bureau. Photo : Archives du Glenbow Museum, NA1641-1

Puisque nous soulignons le centenaire du droit de vote des femmes au Canada, il convient de commencer la liste par une femme qui a tracé la voie dans cette lutte. Nellie McClung a joué un rôle déterminant pour que le Manitoba devienne la première province canadienne à accorder le droit de vote aux femmes, en 1916. Toutefois, cette victoire ne représente que la pointe de l’iceberg – Nellie McClung n’a jamais cessé de défendre les droits des Canadiennes et a travaillé toute sa vie comme militante, auteure et politicienne. Nellie McClung est probablement mieux connue pour avoir fait partie des « Célèbres cinq », un groupe de femmes qui a convaincu les tribunaux de reconnaître enfin les femmes en tant que personnes aux yeux de la loi, en 1929. Nellie McClung est l’une de 12 femmes présentées dans notre exposition extérieure Laissez-les hurler et elle fait aussi partie de notre jeu Géo-Connexions que vous pouvez jouer en ligne.

4) Viola Desmond:

A head-and-shoulder portrait of a smiling Viola Desmond. She is wearing a light blue jacket with embroidered patterns on it. The jacket is held together at the collar by a large pin in the shape of a hand making a “V for victory” symbol with its first two
Viola Desmond. Photo : gracieuseté de Joe et Wanda Robson.

Lorsqu’il est question de ségrégation, c’est-à-dire la séparation forcée des groupes raciaux, on pense habituellement aux États-Unis et au mouvement de défense des droits civils dirigé par Martin Luther King. Cependant le Canada a aussi connu la ségrégation raciale, et Viola Desmond a été l’une des premières personnes à la contester. En 1946, Viola Desmond, une esthéticienne noire de la Nouvelle Écosse, était déjà une femme d’affaires dans sa communauté de Halifax. Au cours de cette même année, elle a refusé de quitter la section d’une salle de cinéma de New Glasgow, en Nouvelle Écosse, qui était réservée aux Blancs, ce qui a conduit à son arrestation. Elle a porté son arrestation en appel, mais elle a ensuite perdu sa cause. Toutefois, son courage a été une source d’inspiration pour la défense des droits civils au Canada.

3) Marina Nemat:

Marina Nemat smiles and stands beside a large digital display screen. She is wearing a red jacket and is looking directly at the photographer. The screen features a picture of people sitting on steps in front of large stone columns.
En novembre 2014, Marina Nemat visite l’exposition qui la concerne au Musée. Photo : Lyle Stafford/MCDP.

Imaginez être emprisonné et torturé pour avoir dénoncé votre gouvernement. Marina Nemat n’a pas besoin de faire appel à son imagination. En 1979, alors qu’elle n’était âgée que de seize ans, elle a été arrêtée par le gouvernement iranien. Elle a été détenue pendant plus de deux ans à la prison d’Evin, y a été torturée et a failli y être exécutée. En 1991, Marina Nemat émigre au Canada et elle décide plus tard de raconter son expérience. Elle a écrit deux livres, Prisonnière à Téhéran et After Tehran: A Life Reclaimed. Depuis, elle prend régulièrement la parole dans des écoles secondaires, des universités et des conférences internationales pour dénoncer la torture.

2) Huberte Gautreau:

A head-and-shoulders image of Huberte Gautreau. She is sitting in a chair, wearing a shawl and looking at someone who is out of the frame.
Huberte Gautreau durant une entrevue accordée au Musée.

: Acadienne francophone ayant grandi dans le petit village de Pré-d’en-Haut, au Nouveau Brunswick, Huberte Gautreau a parcouru le monde pour défendre les droits des femmes et des communautés. Infirmière de profession, Huberte Gautreau a milité pour la santé et les droits de la personne dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis, en République démocratique du Congo, au Cameroun et au Pérou. Elle a toujours mis l’accent sur des enjeux d’importance vitale, comme les conditions sanitaires, l’eau saine, l’éducation et l’égalité des femmes. Huberte Gautreau a aussi été très active au Canada. Elle a notamment contribué à l’aménagement d’une maison d’hébergement pour femmes battues et a conseillé les gens en matière de harcèlement sexuel et sexiste, au Nouveau Brunswick, sa province de résidence. Aujourd’hui, elle continue de défendre les droits des femmes et d’autres groupes.

1) Jaime Black:

Six red dresses are suspended in air on hangers in front of a backdrop. The backdrop features an image of a birch wood forest with more red dresses hanging in it.
The REDress Project dans la galerie Les parcours canadiens du Musée. Photo : Ian McCausland/MCDP.

Son nom n’est pas encore très connu, mais ses œuvres d’art percutantes le sont de plus en plus. Jaime Black est l’artiste qui a conçu The REDress Project, une œuvre qui porte sur la disparition et le meurtre de femmes autochtones au Canada. Ce projet consiste à présenter dans des lieux publics du Canada des centaines de robes rouges recueillies à la suite de dons de la population pour rappeler les très nombreuses femmes disparues ou tuées. Plusieurs de ces robes ont été exposées au Musée et cette installation fait beaucoup parler d’elle. Les robes sont le point de départ d’une multitude de conversations sur la disparition et le meurtre de femmes autochtones. La population du Canada se doit d’avoir ces conversations, et l’œuvre de Jaime Black contribue à relancer le dialogue.

Voilà donc cinq femmes qui devraient être plus connues au Canada. Si nous nous prenons tous et toutes le temps de mentionner ces femmes inspirantes dans nos conversations avec nos amis et notre famille, elles connaîtront bientôt la notoriété. Toutefois, il n’y a aucune raison de s’arrêter là. Il y a de nombreuses autres femmes extraordinaires au Canada et dans le reste du monde qui défendent les droits de la personne. Lesquelles vous inspirent le plus?

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