Les histoires

L’exposition Cheminements : les droits au Canada depuis 150 ans  est remplie d’histoires liées aux droits de la personne. Il y a en fait 33 histoires. Nous en avons choisi 5 à partager avec vous. Combien de celles-ci connaissiez-vous déjà? Passez visiter Cheminements pour découvrir une histoire que vous voudrez faire connaître à d’autres!

 

La section locale 526

 

Un groupe d’hommes debout sur un quai de chargement et posant pour la photo.

Le dirigeant syndical William Nahanee, de la section des Bows and Arrows, entouré d’un groupe de débardeurs, Vancouver, 1889. La section 526 lutte pour l’inclusion, le respect et une amélioration des salaires et des conditions de travail. (Photo: Charles S. Bailey/ Archives de la Ville de Vancouver, Mi P2- 1889)

 

Les modes de vie des Premières Nations des Squamish sont bouleversés lorsqu’une scierie est construite dans la baie Burrard, en Colombie-Britannique, en 1863. Par la suite, de nombreux hommes autochtones commencent à travailler sur le front d’eau. En 1906, ils forment la section 526 du syndicat des Travailleurs industriels du monde (IWW). L’IWW veut syndiquer tous les travailleurs et toutes les travailleuses, sans égard à leurs compétences, leur race ou leur sexe.

La section locale 526 est connue sous le nom de « Bows and Arrows ». Ses dirigeants comptent surtout des Autochtones. Les membres luttent contre les préjugés raciaux sur le front d’eau et défendent le droit des Autochtones de faire partie du syndicat au même titre que les travailleurs non autochtones.

 

Le pari d’une femme

En 1941, Carrie Best apprend qu’un groupe d’adolescents a été expulsé de la section « réservée aux blancs » du cinéma Roseland, à New Glasgow, Nouvelle-Écosse. Elle écrit une lettre au propriétaire et fait valoir que tous les Canadiens et toutes les Canadiennes devraient jouir des mêmes droits, peu importe leur race.

 

Une femme assise sourit vers l’objectif. Ses mains jointes reposent sur ses jambes.

Carrie Best, fondatrice et rédactrice en chef du Clarion, premier journal appartenant à la collectivité noire en Nouvelle-Écosse, date inconnue. Le journal met l’accent sur des questions liées à la justice raciale et à l’égalité. (Photo : Avec la permission du Chronicle Herald)

 

Lorsque le Roseland refuse de changer sa politique de ségrégation, Carrie Best et son fils Cal se rendent au cinéma et s’assoient résolument dans la section « réservée aux blancs ». Ils se font expulser par un agent de police et se retrouvent devant un tribunal. Carrie Best perd sa cause, le juge ne reconnaissant pas la politique du cinéma comme étant raciste.

 

La Charte canadienne des droits et libertés

La Charte canadienne des droits et libertés reflète la vision du premier ministre Pierre Elliott Trudeau d’une nation unie fondée sur des droits égaux pour tous les Canadiens et toutes les Canadiennes. Elle découle d’une consultation nationale. Les personnes préoccupées par les droits des femmes, des LGBTTQ, des Autochtones, des personnes handicapées et autres donnent leur avis au sujet de la Charte proposée.

La Charte protège les libertés fondamentales et les droits démocratiques, et interdit la discrimination fondée sur la couleur, la religion, le sexe, l’âge et le handicap physique ou mental. Elle affirme, sans les définir, les droits ancestraux des Autochtones et les droits issus des traités. Depuis son adoption, elle a été interprétée de différentes façons, ce qui a permis l’évolution de la portée des protections qu’elle fournit.

 

La reine Elizabeth II est assise à une table et signe un document. Un homme est assis à sa droite, et d’autres sont debout derrière eux autour de la table.

La reine Elizabeth II signant la proclamation de la Constitution du Canada, Ottawa, 17 avril 1982. Le Canada rompt ainsi le dernier lien constitutionnel qui le lie au Royaume-Uni et établit la Charte canadienne des droits et libertés. (Photo: Ron Polling/ La Presse canadienne) 

 

L’adoption de la Charte fait partie d’un accord plus vaste visant à rapatrier l’autorité de la loi fondatrice du pays – essentiellement l’Acte de l’Amérique du Nord britannique – de la Grande-Bretagne au Canada. Ce rapatriement soulève la controverse. Pour certaines provinces, le gouvernement fédéral agit unilatéralement. L’accord est finalement conclu sans la participation du Québec. Les efforts déployés par la suite pour obtenir l’appui de toutes les provinces échouent. En 1990, Elijah Harper, député du Manitoba et chef de la Première Nation de Red Sucker Lake, refuse de signer l’Accord du lac Meech. Selon lui, l’accord ne reconnaît pas suffisamment les droits des Autochtones. Plus tard, l’Accord de Charlottetown est rejeté par référendum en 1992.

 

Un homme assis devant un microphone et tenant une plume d’aigle.

Elijah Harper, député du Manitoba, tenant une plume d’aigle, Winnipeg, 19 juin 1990. Il soutient que les Autochtones n’ont pas été suffisamment consultés lors des négociations constitutionnelles. (Photo: Wayne Glowacki/Winnipeg Free Press)

 

Mines terrestres antipersonnel et sécurité humaine

En 1997, le Canada devient le premier pays à signer la Convention d’Ottawa. La Convention est maintenant ratifiée par 162 pays qui conviennent de cesser la production et l’utilisation de mines terrestres, de détruire les stocks existants, d’aider les victimes des mines et de participer à un programme d’information sur les mines.

 

Un emballage bleu-vert, plat et rectangulaire, sur lequel on voit une illustration d’un type de contenant cylindrique.

Trousse de sensibilisation au danger des mines, 1992-1995
Les spécialistes des mines terrestres des Forces armées canadiennes utilisent des trousses comme celle-ci, provenant de la Force de protection des Nations Unies en ex-Yougoslavie, pour apprendre aux habitants comment reconnaître les mines terrestres et les éviter. Trousse de sensibilisation au danger des mines :  Musée canadien de la guerre, 20030023-027 (Photo: Jessica Sigurdson/MCDP)

 

Ces efforts illustrent l’attention qu’on accorde désormais à la sécurité humaine. Ce concept repose sur la nécessité de protéger le gens contre une vaste gamme de menaces : conflit armé, maladie, terrorisme, catastrophes naturelles. La sécurité humaine devient un élément important de la politique étrangère du Canada à compter des années 1990.

 

Dans la Chambre des communes, un homme est assis alors que ses collègues politiciens sont debout et applaudissent.

Le ministre des Affaires étrangères Lloyd Axworthy recevant une ovation à la Chambre des communes, Ottawa, mars 1999. Il joue un rôle de premier plan dans l’obtention du soutien mondial à la Convention d’Ottawa. (Photo: Tom Hanson/ La Presse canadienne) 

 

Loin de chez soi

Les Ahiarmiuts d’Ennadai Lake, aussi appelés Ihalmiuts, sont l’une des communautés que le gouvernement canadien déplace de force entre 1949 et 1958.

Quand l’avion arrive pour emmener les Ahiarmiuts loin de chez eux, il n’y a pas d’interprète. Ils n’avaient pas été prévenus. On ne leur permet pas d’apporter des outils ou de la nourriture. La famine s’installe rapidement puisqu’il n’y a pas de caribou à leur nouvel emplacement.

 

Un canot-jouet rouge-brun, long et mince.

Canot jouet, vers 1956
Des jouets comme celui-ci sont retrouvés sur place quand les membres de la communauté retournent à Ennadai Lake en 1985, confirmant le lien entre le groupe et son territoire. Canot jouet: David Serkoak (Photo: Jessica Sigurdson/MCDP)

 

Les droits des Ahiarmiuts sont enracinés dans la terre et le savoir traditionnel. En 1985, les membres de la communauté rentrent chez eux à Ennadai Lake. Ce retour donne lieu à de nouveaux efforts pour préserver leur savoir traditionnel et leur histoire.

 

Un homme danse en jouant un tambour inuit alors qu’un groupe de femmes plus âgées chante.

Silas Illungiayok faisant une danse du tambour, accompagné du chant des femmes assises en cercle, à Ennadai Lake, 1985. Pour de nombreux Ahiarmiuts, 1985 marque l’ultime voyage de retour à Ennadai Lake. (Photo : David Serkoak)