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Cheminements : Les droits au Canada depuis 150 ans Explorez 150 ans de l'histoire du Canada en matière de droits de la personne.

de décembre 2017 à mars 2019

Un groupe de femmes et d’enfants assis. Les deux enfants en avant regarde vers l’objectif.

Photo: Dr. Geert van den Steenhoven

Détails de l'exposition

Les droits et libertés dont nous profitons sont le fruit des efforts de ceux et celles qui sont venus avant nous et qui ont refusé de se taire face aux inégalités et aux injustices. Leurs gestes de courage nous inspirent et nous incitent à poursuivre le travail et à défendre les droits de tous et de toutes

Au sujet de l'exposition

Fondations et bouleversements (1867–1914)

Découvrez en quels termes les Canadiens et Canadiennes parlaient des droits dans les années qui ont suivi la Confédération. On n’utilisait peu le terme « droits de la personne », mais les gens étaient tout de même préoccupés par les libertés, soit la liberté d’expression, de religion, d’association et de presse. Mais ces droits avaient des définitions étroites et ne s’appliquaient qu’à une poignée de privilégiés.

Cette partie de l’exposition est décorée d’éléments en bois et de panneaux rappelant les journaux et les affiches de l’époque, et comprend une « lanterne magique » ancienne qui projette des images fixes sur le mur.

Transformations et interventions (1915–1960)

Les deux guerres mondiales et la Grande Dépression entraînent de grands bouleversements au Canada. Les gouvernements interviennent dans plusieurs aspects de la vie quotidienne. Entre autres, ils limitent les mouvements des personnes des Premières Nations en imposant un système de laissez-passer, internent des Canadiens et Canadiennes ayant des racines dans des pays en guerre contre le Canada, et restreignent la liberté d’expression et de presse. Beaucoup de gens exigent un nouveau rôle pour le gouvernement; ils recherchent des changements politiques et veulent que le gouvernement se penche davantage sur les besoin de base de ces citoyens et citoyennes.

Dans cette partie, laissez-vous transporter dans le temps en réglant les cadrans d’une vieille radio pour entendre des retransmissions historiques.

Vers la Charte (1960–1982)

Les années 1960 et 1970 sont des années tumultueuses. La population remet de plus en plus en question le statu quo, et la société canadienne se diversifie. Les Canadiens et les Canadiennes tiennent de grands débats sur les droits collectifs, l’unité nationale et l’identité. Les manifestations populaires et les mouvements sociaux aident à orienter la conversation vers l’idée d’une charte des droits et libertés.

Dans la partie de l’exposition consacrée à cette époque, vous pourrez interagir avec un téléviseur rétro et choisir parmi les 13 reportages qui rappellent l’esprit de l’époque.

Les droits de la personne au Canada aujourd’hui (1982-aujourd’hui) 

SDepuis l’adoption de la Charte en 1982, les droits de la personne font partie de la vie quotidienne au Canada. Dans cette partie de l’exposition, on examine des questions et des débats nouveaux, notamment :

  • le droit à la vie privée à l’ère numérique;

  • le droit à un environnement propre et sain dans le contexte de la pollution massive et du changement climatique;

  • le droit à chacun et chacune de déterminer son identité de genre.

Explorez le Canada à l’époque contemporaine avec Envisager l’avenir, un élément interactif numérique qui utilise des hologrammes et de la technologie « prête-à-porter ».

Défendre sa souveraineté (dans le passé et le présent)

Des centaines de nations autochtones vivent dans ce qui est aujourd’hui le Canada. Depuis 1867, ils doivent négocier avec un nouveau gouvernement étranger, l’État canadien. Celui-ci a systématiquement tenté de couper la relation qu’entretiennent les peuples autochtones avec la terre et l’environnement, et de détruire leur identité et leur mode de vie. Cette partie de l’exposition, qui comprend des éléments de médecine traditionnelle, de l’art distinctif et des œuvres perlées, explore les concepts de la souveraineté et de la réconciliation ayant trait aux peuples autochtones.

Dans cet espace, on peut regarder des entrevues d’histoire orale et des courts-métrages, ou interagir avec une mosaïque activée par le son qui met en vedette des œuvres d’art et des perspectives de jeunes autochtones.

Les histoires

L’exposition Cheminements : Les droits au Canada depuis 150 ans est remplie d’histoires liées aux droits de la personne. Il y a en fait 33 histoires. Nous en avons choisi 5 à partager avec vous. Combien de celles-ci connaissiez-vous déjà? Passez visiter Cheminements pour découvrir une histoire que vous voudrez faire connaître à d’autres!

La section locale 526

Le dirigeant syndical William Nahanee, de la section des Bows and Arrows, entouré d’un groupe de débardeurs, Vancouver, 1889. La section 526 lutte pour l’inclusion, le respect et une amélioration des salaires et des conditions de travail.

Photo : Charles S. Bailey/ Archives de la Ville de Vancouver, Mi P2- 1889

Les modes de vie des Premières Nations des Squamish sont bouleversés lorsqu’une scierie est construite dans la baie Burrard, en Colombie-Britannique, en 1863. Par la suite, de nombreux hommes autochtones commencent à travailler sur le front d’eau. En 1906, ils forment la section 526 du syndicat des Travailleurs industriels du monde (IWW). L’IWW veut syndiquer tous les travailleurs et toutes les travailleuses, sans égard à leurs compétences, leur race ou leur sexe.

La section locale 526 est connue sous le nom de « Bows and Arrows ». Ses dirigeants comptent surtout des Autochtones. Les membres luttent contre les préjugés raciaux sur le front d’eau et défendent le droit des Autochtones de faire partie du syndicat au même titre que les travailleurs non autochtones.

Le pari d’une femme

En 1941, Carrie Best apprend qu’un groupe d’adolescents a été expulsé de la section « réservée aux blancs » du cinéma Roseland, à New Glasgow, Nouvelle-Écosse. Elle écrit une lettre au propriétaire et fait valoir que tous les Canadiens et toutes les Canadiennes devraient jouir des mêmes droits, peu importe leur race.

Photo : Avec la permission du Chronicle Herald

Carrie Best, fondatrice et rédactrice en chef du Clarion, premier journal appartenant à la collectivité noire en Nouvelle-Écosse, date inconnue. Le journal met l’accent sur des questions liées à la justice raciale et à l’égalité.

Photo : Avec la permission du Chronicle Herald

Lorsque le Roseland refuse de changer sa politique de ségrégation, Carrie Best et son fils Cal se rendent au cinéma et s’assoient résolument dans la section « réservée aux blancs ». Ils se font expulser par un agent de police et se retrouvent devant un tribunal. Carrie Best perd sa cause, le juge ne reconnaissant pas la politique du cinéma comme étant raciste.

La Charte canadienne des droits et libertés

La Charte canadienne des droits et libertés reflète la vision du premier ministre Pierre Elliott Trudeau d’une nation unie fondée sur des droits égaux pour tous les Canadiens et toutes les Canadiennes. Elle découle d’une consultation nationale. Les personnes préoccupées par les droits des femmes, des LGBTTQ, des Autochtones, des personnes handicapées et autres donnent leur avis au sujet de la Charte proposée.

La Charte protège les libertés fondamentales et les droits démocratiques, et interdit la discrimination fondée sur la couleur, la religion, le sexe, l’âge et le handicap physique ou mental. Elle affirme, sans les définir, les droits ancestraux des Autochtones et les droits issus des traités. Depuis son adoption, elle a été interprétée de différentes façons, ce qui a permis l’évolution de la portée des protections qu’elle fournit.

La reine Elizabeth II signant la proclamation de la Constitution du Canada, Ottawa, 17 avril 1982. Le Canada rompt ainsi le dernier lien constitutionnel qui le lie au Royaume-Uni et établit la Charte canadienne des droits et libertés.

Photo : La Presse canadienne, photographie par Ron Poling.

L’adoption de la Charte fait partie d’un accord plus vaste visant à rapatrier l’autorité de la loi fondatrice du pays – essentiellement l’Acte de l’Amérique du Nord britannique – de la Grande-Bretagne au Canada. Ce rapatriement soulève la controverse. Pour certaines provinces, le gouvernement fédéral agit unilatéralement. L’accord est finalement conclu sans la participation du Québec. Les efforts déployés par la suite pour obtenir l’appui de toutes les provinces échouent. En 1990, Elijah Harper, député du Manitoba et chef de la Première Nation de Red Sucker Lake, refuse de signer l’Accord du lac Meech. Selon lui, l’accord ne reconnaît pas suffisamment les droits des Autochtones. Plus tard, l’Accord de Charlottetown est rejeté par référendum en 1992.

Photo : Wayne Glowacki/Winnipeg Free Press

Elijah Harper, député du Manitoba, tenant une plume d’aigle, Winnipeg, 19 juin 1990. Il soutient que les Autochtones n’ont pas été suffisamment consultés lors des négociations constitutionnelles.

Photo : Wayne Glowacki/Winnipeg Free Press

Mines terrestres antipersonnel et sécurité humaine

En 1997, le Canada devient le premier pays à signer la Convention d’Ottawa. La Convention est maintenant ratifiée par 162 pays qui conviennent de cesser la production et l’utilisation de mines terrestres, de détruire les stocks existants, d’aider les victimes des mines et de participer à un programme d’information sur les mines.

Trousse de sensibilisation au danger des mines : Musée canadien de la guerre, 20030023–027; Photo: Jessica Sigurdson/MCDP

Trousse de sensibilisation au danger des mines, 1992–1995

Les spécialistes des mines terrestres des Forces armées canadiennes utilisent des trousses comme celle-ci, provenant de la Force de protection des Nations Unies en ex-Yougoslavie, pour apprendre aux habitants comment reconnaître les mines terrestres et les éviter.

Trousse : Musée canadien de la guerre, 20030023–027; photo : Jessica Sigurdson/MCDP

Trousse de sensibilisation au danger des mines : Musée canadien de la guerre, 20030023–027; Photo: Jessica Sigurdson/MCDP

Ces efforts illustrent l’attention qu’on accorde désormais à la sécurité humaine. Ce concept repose sur la nécessité de protéger le gens contre une vaste gamme de menaces : conflit armé, maladie, terrorisme, catastrophes naturelles. La sécurité humaine devient un élément important de la politique étrangère du Canada à compter des années 1990.

Photo : Tom Hanson/ La Presse canadienne

Le ministre des Affaires étrangères Lloyd Axworthy recevant une ovation à la Chambre des communes, Ottawa, mars 1999. Il joue un rôle de premier plan dans l’obtention du soutien mondial à la Convention d’Ottawa.

Photo : Tom Hanson/ La Presse canadienne

Loin de chez soi

Les Ahiarmiuts d’Ennadai Lake, aussi appelés Ihalmiuts, sont l’une des communautés que le gouvernement canadien déplace de force entre 1949 et 1958.

Quand l’avion arrive pour emmener les Ahiarmiuts loin de chez eux, il n’y a pas d’interprète. Ils n’avaient pas été prévenus. On ne leur permet pas d’apporter des outils ou de la nourriture. La famine s’installe rapidement puisqu’il n’y a pas de caribou à leur nouvel emplacement.

Canot jouet : David Serkoak; Photo: Jessica Sigurdson/MCDP

Canot jouet, vers 1956

Des jouets comme celui-ci sont retrouvés sur place quand les membres de la communauté retournent à Ennadai Lake en 1985, confirmant le lien entre le groupe et son territoire.

Canot jouet: David Serkoak; photo: Jessica Sigurdson/MCDP

Canot jouet : David Serkoak; Photo: Jessica Sigurdson/MCDP

Les droits des Ahiarmiuts sont enracinés dans la terre et le savoir traditionnel. En 1985, les membres de la communauté rentrent chez eux à Ennadai Lake. Ce retour donne lieu à de nouveaux efforts pour préserver leur savoir traditionnel et leur histoire.

Silas Illungiayok faisant une danse du tambour, accompagné du chant des femmes assises en cercle, à Ennadai Lake, 1985. Pour de nombreux Ahiarmiuts, 1985 marque l’ultime voyage de retour à Ennadai Lake.

Photo: David Serkoak

Silas Illungiayok faisant une danse du tambour, accompagné du chant des femmes assises en cercle, à Ennadai Lake, 1985. Pour de nombreux Ahiarmiuts, 1985 marque l’ultime voyage de retour à Ennadai Lake.

Silas Illungiayok faisant une danse du tambour, accompagné du chant des femmes assises en cercle, à Ennadai Lake, 1985. Pour de nombreux Ahiarmiuts, 1985 marque l’ultime voyage de retour à Ennadai Lake.

Photo: David Serkoak

L’exposition Cheminements est présentée dans la galerie Expressions, appuyée par la fondation et la famille Richardson, au niveau 6. Elle est en montre de décembre 2017 à octobre 2018.