Au-delà des rythmes et des rimes, il y a la vie

Les quatre éléments fondamentaux du hip-hop disent la vérité au pouvoir partout dans le monde

Par Mark V. Campbell (DJ Grumps)
Publié : le 23 janvier 2024

Une femme vêtue d'un coton ouaté gris et d'un pantalon gris foncé fait du breakdance sur un trottoir pendant la journée. Des arbres et des bâtiments sont à l'arrière-plan. Visibilité masquée.

Photo : Colin Lloyd, Unsplash

Détails de l'histoire

On peut se demander comment, après 50 ans, le hip‐hop peut encore être une culture jeune et dynamique de portée mondiale. Les personnes qui disent qu’elles « n’aiment pas le rap », mais qui apprécient les rimes cérébrales de Shad ou les titres infusés de jazz des Dream Warriors, nous rappellent l’attrait durable de la musique et de la culture hip‐hop, au‐delà de la mauvaise presse dont elle fait l’objet.

Les rimes effrontées et audacieuses que l’on trouve dans l’art de la rime, l’un des quatre éléments fondamentaux du hip‐hop [1], exercent un attrait considérable sur les jeunes, leur donnant une voix et la possibilité de forger leur identité grâce à leurs interprétations stylistiques multifondamentales. Dans la culture hip‐hop, c’est la façon dont une personne peut « rocker » ou « assurer » qui définit son statut. Et être géniale au micro, devant une foule ou avec une casquette à l’envers sont autant d’activités que toute jeune personne peut tenter, indépendamment de son appartenance ethnique, de sa nationalité ou de son quartier, pour s’attirer l’affection de ses camarades et de sa communauté locale.

Lorsque ses camarades et sa communauté lui témoignent de l’amour, cela atténue souvent (trop souvent temporairement) les stigmates punitifs fondés sur la classe et la race qui entretiennent les inégalités sociales. C’est pourquoi la culture hip‐hop ne peut pas s’arrêter et ne s’arrêtera pas – elle aide les jeunes à développer un système de valeurs qui ne reproduit pas les inégalités sociales vicieuses qui constituent la base des cultures occidentales. Le boom bap répétitif des grosses caisses et des caisses claires du hip‐hop, ainsi que l’utilisation rythmique de la voix, a été reproduit dans le monde entier, faisant de la culture hip‐hop un phénomène mondial cinq décennies après sa création.

Il ne fait aucun doute que les questions de justice sociale sont intégrées dans les rimes qui documentent, critiquent et font connaître ce qu’est la vie en marge de la société dominante. On peut se tourner vers la musique hip‐hop née dans les banlieues de Paris, dans les favelas de Rio de Janeiro ou dans les réserves du Canada. Les résultats seront similaires, car la protestation et la résistance sont ancrées dans la culture hip‐hop.

Quand je roule dans ma Volvo, les flics me harcèlent. Ils ne me dépassent jamais, ils me traquent comme Lassie.

Big Daddy Kane, 1988

Les paroles sont un bon point de départ, mais non pas le seul point d’entrée pour explorer les origines de protestation et de critique dans la musique hip‐hop. Les paroles de hip‐hop font constamment appel à la gymnastique verbale, étirant les métaphores, découvrant les comparaisons, tout en faisant bon usage de la répétition et des doubles et triples sens. Tout cela en témoignant, en documentant et en célébrant la vie humaine de manière nuancée.

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Lisez la version intégrale de Au‐delà des rythmes et des rimes, il y a la vie, ainsi que d’autres histoires liées à la musique, dans le catalogue de l’exposition Haut et fort, disponible à partir du 1er février à la Boutique du Musée et sur boutique.droitsdelapersonne.ca.

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Illustration numérique montrant une foule qui applaudit et lève les mains. L’arrière-plan montre une onde sonore verte pixélisée et des motifs bleus et noirs ressemblant à des graffitis, avec des lignes diagonales de couleur néon rayonnant à partir du centre.

Références

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  1. Le rap, le graffiti, le platinisme et le break dancing constituent les quatre éléments fondamentaux de la culture hip‐hop. Retour à la citation 1

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Citation suggérée

Citation suggérée : Mark V. Campbell (DJ Grumps). « Au-delà des rythmes et des rimes, il y a la vie ». Musée canadien pour les droits de la personne. Publié le 23 janvier 2024. https://droitsdelapersonne.ca/histoire/au-dela-des-rythmes-et-des-rimes-il-y-la-vie