L’Holodomor exposé : Souvenirs éternels

La désinformation et la tromperie jouent un rôle crucial dans les atrocités de masse telles que l’Holodomor.

Par Jeremy Maron

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Une statue d’une fillette tenant des épis de blé.

Photo : MCDP, Ian McCausland

Détails de l'histoire

En 1932–1933, le dictateur Josef Staline a orchestré une pénurie alimentaire en Ukraine soviétique. Son objectif était de détruire les ambitions d’indépendance de l’Ukraine et d’assurer la soumission de l’Ukraine à l’État soviétique. En conséquence, des millions d’Ukrainiens ont connu la souffrance prolongée d’une faim désespérée et ont péri. Ce génocide par la famine est aujourd’hui connu sous le nom d’Holodomor.

Le reste du monde a été lent à prendre conscience de l’ampleur de cette atrocité. Cela est dû en partie à la façon dont les médias de l’époque ont traité la question. Face à ce génocide, les journalistes ont joué différents rôles. Certains ont risqué leur carrière pour exposer la vérité, tandis que d’autres ont essayé de la dissimuler.

De nombreuses personnes, en particulier en Amérique du Nord, ont probablement appris l’existence de la famine en Ukraine grâce à la couverture de l’éminent journaliste du New York Times, Walter Duranty. Ses reportages étaient cependant trompeurs. Duranty, un sympathisant soviétique, a délibérément banalisé l’ampleur de la famine et déguisé le rôle du régime soviétique dans la création intentionnelle de la pénurie alimentaire.

Une jeune fille se tient face à la caméra avec une expression de tristesse, serrant un châle autour d’elle.
Une enfant ukrainienne à Kharkov pendant la famine, 1933. Photo : National Museum of the Holodomor‐Genocide

En revanche, le journaliste gallois Gareth Jones et le journaliste anglais Malcolm Muggeridge ont séparément tenté de révéler la nature intentionnelle et l’étendue massive de la famine. Ils ont poursuivi leurs efforts malgré les réactions sévères de Duranty et du gouvernement soviétique, malgré le manque de soutien de leurs collègues journalistes et malgré des menaces sur leur vie professionnelle pour avoir continué à faire des reportages.

En dépit des efforts de journalistes comme Muggeridge et Jones, l’influence étendue des reportages de Walter Duranty et la campagne soviétique globale de secret et de désinformation ont supprimé les informations sur le Holodomor pendant des décennies. Il a fallu encore 50 ans et des efforts considérables de la part des communautés ukrainiennes pour que cette histoire de profonde souffrance et de mort massive aux mains de l’Union soviétique soit largement reconnue et admise par le reste du monde.

Le film L’Holodomor exposé : Souvenirs éternels explore l'Holodomor du point de vue des reportages médiatiques. Il examine le rôle et les responsabilités de journalistes confrontés à des violations des droits de la personne.

Video : L’Holodomor exposé : Souvenirs éternels

Une version en ukrainien du documentaire est également disponible.

« L’Holodomor exposé : Souvenirs éternels » peut également être visionné au Musée dans la galerie Briser le silence, au niveau 4.

Questions de réflexion :

  • À l’ère des « fausses nouvelles », comment m’assurer que j’obtiens des informations pertinentes et fiables?

  • Pourquoi est-il important de se souvenir des atrocités historiques?

  • Comment puis-je faire entendre ma voix lorsque je vois une atrocité commise en dehors de mon pays?