Un entretien avec Tegan and Sara

Elles ont inspiré une génération de fans LGBTQ+ et féministes en Amérique du Nord et à l’étranger

Par Équipe de conservation du MCDP
Publié : le 18 décembre 2023

Deux personnes aux cheveux longs en queue de cheval et portant des manteaux d’hiver posent dans le coin d’une pièce en briques peinte en gris. Visibilité masquée.

Photo : Red Light Management, photographie par Pamela Littky

Détails de l'histoire

Tegan Quin et Sara Quin, sœurs jumelles identiques originaires de Calgary, en Alberta, se produisent ensemble sous le nom de « Tegan and Sara » depuis plus de 25 ans.

Ensemble, elles ont produit dix albums studio et remporté de nombreux prix, dont trois prix Junos et deux GLAAD Media Awards. Elles ont également été sélectionnées pour deux prix Polaris et un Grammy. Depuis le début de leur carrière, les deux sœurs se sont ouvertement identifiées comme queer et, à ce titre, leur musique a motivé, encouragé et inspiré une génération de fans LGBTQ+ et féministes en Amérique du Nord et à l’étranger.

Elles ont effectué de nombreuses tournées, se sont produites dans certains des plus grands festivals de musique du monde et ont participé au concert Bringing Human Rights Home d’Amnistie Internationale. Ces dernières années, les deux artistes ont élargi leur champ de création au‐delà de la musique, en coécrivant un roman illustré sur leurs années d’école intermédiaire, Junior High (2023), ainsi que leurs mémoires sur leur expérience à l’école secondaire, High School (2020), qui a été adapté en série télévisée. Afin de rendre hommage à leur communauté, de la soutenir et de lui rendre la pareille, elles ont créé la Tegan and Sara Foundation, une organisation qui soutient les femmes et les filles au sein de la communauté LGBTQ+.

Dans cette exposition, nous avons voulu mettre en lumière Tegan et Sara pour le travail qu’elles ont accompli en s’exprimant sur les questions LGBTQ+ contemporaines tout au long de leur carrière, en remettant en question les idées reçues et en donnant de la visibilité aux artistes queers. Nous leur avons demandé de réfléchir à leurs expériences antérieures dans l’industrie musicale et à la manière dont elles sont restées concentrées sur les questions de droits de la personne, le militantisme et le travail important de leur fondation. Elles commencent par nous parler des objets qu’elles ont choisi d’inclure dans Haut et fort : Musique, résistance et changement.


Une question pour Tegan : Merci d’avoir prêté au MCDP la veste que vous portiez dans la vidéo « U‑Turn ». Que pouvez‐vous nous dire à propos de cette veste? Qui l’a conçue? En quoi est‐elle importante pour la chanson et la vidéo?

Nous avons collaboré avec l’incroyable musicien, designer et artiste visuel Seth Bogart pour réaliser « U‑Turn ». Nous avons été ravies de pénétrer dans l’univers loufoque de Seth. En tant que réalisateur, Seth a été le cerveau du clip et c’est lui qui a suggéré que Peggy Noland, artiste et designer de génie, peigne à la main nos vestes en cuir pour la vidéo! Seth tenait absolument à ce que le clip soit plein de couleurs et ressemble à un dessin animé. À l’instar de son style, il voulait que la vidéo soit excentrique. Et il s’est inspiré de la couverture de Love You to Death! pour notre maquillage dans la vidéo!


Une question pour Sara : Nous sommes très heureux que vous nous ayez prêté votre mini‐orgue à air. Pouvez‐vous nous expliquer comment vous l’avez trouvé? Comment l’avez-vous utilisé au cours de votre carrière?

J’ai déménagé à Montréal en janvier 2003. C’était une période particulièrement glaciale dans la ville et des bancs de neige bordaient les rues. Il n’était pas rare de voir des sacs à ordures noirs ou des morceaux de meubles cassés dépasser de leur sommet. Un soir, j’ai aperçu un petit orgue à air en plastique parmi d’autres objets jetés à l’extérieur de l’Armée du Salut à NDG [Notre‐Dame‐de‐Grâce]. J’ai dégagé l’instrument de l’amoncellement de neige par son cordon électrique effiloché et j’ai pris le métro. Dans mon minable appartement d’une chambre, j’ai soigneusement enveloppé le cordon dans du ruban isolant, je l’ai branché et j’ai tourné le bouton. L’instrument a fonctionné! J’avais écrit un certain nombre de chansons pour notre nouvel album, mais l’orgue m’a inspirée une série de démos qui se sont immédiatement démarqués des autres. Le son mélancolique et plastifié qu’il produisait semblait correspondre aux bouleversements torturés d’une récente histoire d’amour. J’ai apporté l’orgue avec moi à Vancouver au printemps et je l’ai utilisé fréquemment pendant l’enregistrement de notre album phare, So Jealous. J’ai essayé de l’inclure dans le spectacle en direct, mais il n’était pas très fiable et il était un objet trop précieux pour risquer de l’endommager davantage.


Quel a été l’impact des enjeux relatirs relatifs aux droits de la personne sur votre carrière?

Tegan et Sara : Pendant notre enfance, notre mère était très politisée et engagée envers la justice sociale. Elle a travaillé dans différents organismes sociaux en tant que travailleuse sociale, de sorte que nous avons grandi avec une profonde compréhension des droits de la personne. Elle nous a emmenées à des marches en faveur du choix, à Take Back The Night et à d’autres rassemblements dès notre plus jeune âge. Lorsque nous avons commencé notre carrière, il nous a semblé tout à fait naturel de poursuivre son travail dans le nôtre. Au fur et à mesure que notre profil s’est développé, notre investissement dans les causes qui nous tiennent à cœur a fait de même. En tant que femmes et personnes queers, nous nous sommes battues sans relâche pour sensibiliser et collecter des fonds pour les organisations LGBTQ+ et les questions relatives aux femmes.

Deux personnes portant des chemises blanches et des blazers noirs posent contre un mur en parpaings peint en noir.
Photo : Pamela Littky

L’un des principaux thèmes de votre dernier album, Crybaby, est l’émancipation, notamment en ce qui concerne la vulnérabilité. Pouvez‐vous nous en dire plus à ce sujet? Quelle est l’intersection entre la vulnérabilité et l’émancipation dans votre musique?

Tegan : J’espérais qu’en intitulant notre album Crybaby, nous pourrions nous réapproprier le mot et le concept de « pleurnicher » et lui donner une nouvelle signification. Lorsque je vois un jeune enfant pleurer ou s’effondrer à l’aéroport, j’ai l’impression qu’il est en pleine possession de ses moyens. Être ainsi en contact avec ses sentiments est un véritable cadeau. En tant qu’adultes, nous étouffons, enfouissons et ignorons tant de sentiments et d’émotions complexes. En tant que musicienne, je suis encouragée à écrire sur mes sentiments et mes émotions. Certaines de mes œuvres les plus tristes et les plus torturées ont été récompensées par un plus grand auditoire et plus de soutien.

Ainsi, à l’instar d’un enfant, je me sens tout à fait capable d’explorer les émotions les plus sombres et les plus compliquées que j’éprouve, et d’écrire à leur sujet. Et ce faisant, je finis par éprouver beaucoup de sentiments. Il ne m’arrive pas souvent de m’effondrer dans un aéroport ou de pleurer ouvertement en public, mais le fait de m’épancher sur un album en est l’équivalent pour les adultes, et je pense qu’être un bébé qui pleure est un signe de force.


Dans des interviews, vous avez toutes deux parlé de la misogynie et de l’homophobie que vous avez subies en tant que musiciennes. Comment avez‐vous abordé ces questions? D’une manière générale, comment pensez‐vous que l’industrie musicale réagit à la misogynie et à l’homophobie à l’heure actuelle?

Tegan et Sara : Nous avons toujours été très franches dans la presse et les interviews sur ce que nous avons vécu. Nous n’avons certainement jamais ignoré la misogynie et l’homophobie manifestes dont nous avons été victimes. Parfois, les gens ont réagi, ont modifié leur comportement ou se sont excusés pour ces incidents. Parfois, non. Nous avons interpellé la presse, les stations de radio et notre maison de disque lorsque c’était nécessaire.

Et même si elles ne se sont pas rétractées, je pense que nous avons fait partie d’une vague d’artistes qui se sont défendu·e·s pour insister sur un traitement meilleur et plus juste. Nous avons également encouragé d’autres artistes et servi de mentors à d’innombrables jeunes femmes queers qui montent dans l’industrie pour qu’elles fassent de même. Nous avons critiqué publiquement des institutions comme les prix Juno et les prix Grammy pour le peu de femmes nommées dans les rôles techniques et les principales catégories.

Nous nous sommes engagées à ce qu’au moins la moitié de notre équipe sur la route soit composée de femmes et à toujours nous efforcer d’avoir des femmes dans des rôles techniques. Nous avons poussé d’autres personnes dans notre position à faire de même. J’ai l’impression que les choses changent lentement. Nous avons lancé la Tegan and Sara Foundation pour obtenir plus de fonds et redistribuer notre richesse à des organisations LGBTQ+ qui soutiennent les plus vulnérables de la communauté.

Et 23 ans plus tard, nous continuons à plaider pour le changement et l’égalité dans l’industrie de la musique. Je pense que les choses sont en train de changer. Lentement. Je pense que la vieille garde s’éteint, prend sa retraite ou s’adapte au nouveau monde, et que la presse et l’industrie s’améliorent. Les choses ont beaucoup changé. C’est certain. Tout n’est pas parfait. Mais c’est mieux que lorsque nous avons lancé notre groupe en 1998. C’est certain.

Deux personnes aux cheveux mi-longs posent sur un fond noir. L'une porte un pull noir avec un mouton blanc sur le devant, l'autre porte un pull blanc avec une sirène bleue.
Photographie par : Eluvier Acosta

Au début de votre carrière, est‐ce que les journalistes du domaine musical vous posaient souvent des questions sur votre sexualité ou est‐ce que la question était évitée? Le fait de parler ouvertement de votre sexualité a‑t‐il toujours été important pour vous? Comment pensez‐vous avoir contribué à la représentation queer dans les médias et la musique?

Tegan : Je n’ai pas l’impression que beaucoup de gens évitent de nous poser des questions sur notre vie personnelle ou notre sexualité. Mais au cours des dix premières années de notre carrière, il y avait une gêne à parler de sexualité et d’identité que je ne ressens plus aujourd’hui. Des deux côtés. Je m’en voudrais également de ne pas souligner que beaucoup de journalistes – surtout à nos débuts – cherchaient surtout à nous comprendre en tant que jumelles et sœurs, si bien que beaucoup de nos premières interviews avaient plus à voir avec la rivalité entre sœurs que les gens voyaient, ou voulaient voir, et moins avec notre sexualité.

Je pense que nous étions gênées de parler de notre identité à ce moment‐là, alors que nous n’étions que des adolescentes. Et la majorité des journalistes à qui nous avons parlé à l’époque étaient des hommes dans la quarantaine ou la cinquantaine. Cela faisait bizarre de parler avec eux de nos petites amies, ou de ce que nous ressentions lors de notre coming out. Les choses ont vraiment commencé à changer entre 2010 et 2014. Je me souviens que nous avons commencé à nous entretenir avec beaucoup plus de femmes, de personnes queers et de personnes plus jeunes. Ou du moins à des personnes plus proches de nous en termes d’âge.

La presse a commencé à parler plus ouvertement des droits LGBTQ+, car la Proposition 8 faisait partie intégrante de la conversation aux États‐Unis à l’époque. Je pense que dès le premier jour, nous n’avons jamais menti ou dissimulé qui nous étions, mais comme pour tout le monde, il nous a fallu du temps pour nous familiariser avec notre rôle et nous sentir à l’aise pour parler de qui nous étions. Nous ne nous sommes jamais senties à l’aise pour représenter TOUTES les personnes LGBTQ+.

Nous étions conscientes que notre expérience était la nôtre et que nous ne pouvions pas parler pour tout le monde. Je pense donc que même aujourd’hui, même si nous sommes heureuses que tant de jeunes artistes, de fans et de personnes à qui nous parlons nous disent ouvertement combien nous les avons influencés et combien de changements nous avons contribué à inspirer à leur avis, la vérité est que nous faisions simplement ce que nous avions à faire pour avoir une carrière et être nous‐mêmes. Je suis reconnaissante du soutien dont nous avons bénéficié et du grand nombre d’ artistes LGBTQ+ qui nous ont précédées et qui nous ont entourées au début de notre carrière. Nous avons travaillé ensemble pour faire évoluer les choses. Nous n’en étions qu’une petite partie.

Deux personnes aux cheveux longs en queue de cheval haute côte à côte. L'une porte une chemise à motifs noirs et blancs sous une veste en cuir noir, l'autre porte une chemise noire unie sous une veste à motifs noirs et blancs.
Photographie par : Eluvier Acosta

Pourquoi le militantisme est‐il important pour vous? Considérez‐vous qu’il s’agit d’un prolongement de votre musique? 

Tegan et Sara : Nous n’avons qu’une vie. Les gens ne naissent pas tous égaux. La chance n’est pas donnée à tout le monde. Nous nous sommes toujours engagées à aider, à rendre la pareille et à nous battre pour ce qui est juste et bon. C’est ainsi que nous avons été élevées. Nous y croyons encore aujourd’hui. En tant que groupe, nous disposons d’une plateforme, d’un public et de la possibilité d’aider, alors nous le faisons. Avec l’apparition des médias sociaux – que nous avons détestés dès le départ – nous avons vu les seuls points positifs dans le fait que nous pourrions nous adresser directement à notre public, et que nous pourrions faire connaître notre plateforme et sensibiliser le public à des choses qui nous tiennent à cœur. Bien que notre musique n’ait jamais été politisée, nous pensons que le fait de monter sur scène et de dire ouvertement qui nous sommes et en quoi nous croyons depuis 25 ans est une forme de militantisme.


Y a‑t‐il d’autres musicien·ne·s et artistes qui vous ont inspirées par leur militantisme? 

Tegan et Sara : Nous avons grandi à Calgary dans les années 1990. La scène punk était très dynamique à l’époque. Nous allions à des concerts la fin de semaine et l’entrée ne coûtait qu'un don de nourriture en conserve. Food Not Bombs est la première organisation que je me souviens avoir « découverte » lorsque j’étais adolescente, et c’est la première fois que j’ai vu que la musique et le militantisme allaient de pair. À l’adolescence, nous adorions Ani DiFranco, dont le franc‐parler nous inspirait. Nous aimions Nirvana et la scène musicale alternative et comprenions leur politique et leur souci des droits de la personne, de sorte que nous avons automatiquement assumé des responsabilités lorsque nous sommes devenues des musiciennes professionnelles.

Deux personnes aux cheveux longs en queue de cheval posent sur un fond beige et s'assoient sur un sol de couleur lavande pâle.
Photographie par : Eluvier Acosta

Qu’est-ce qui vous a amené à créer la Tegan and Sara Foundation?

Tegan et Sara : Après le succès de Heartthrob, notre sixième album studio, on nous a beaucoup demandé d’aider à collecter des fonds. La variété des organisations et des causes était écrasante. Alors que nous préparions notre septième album, Love You To Death, nous avons commencé à réfléchir à un moyen de rendre service avec plus d’efficacité et de concentration. Après une série de réunions avec une équipe qui aidait les artistes comme nous à créer des fondations, nous avons décidé de lancer notre propre fondation en nous concentrant sur l’amélioration de la vie des femmes et des filles de la communauté LGBTQ+. Les organisations qui se consacrent à la collecte de fonds pour les femmes et les filles sont sous‐financées et sous‐représentées, et nous avons pensé que nous pourrions contribuer à la sensibilisation et à la collecte de fonds. Nous nous engageons également à verser à la fondation 1 $ pour chaque billet de concert vendu. Bien que de nombreuses personnes nous aient soutenues, nous étions d’avis que la communauté LGBTQ+ avait été d’un grand soutien pour notre carrière, et c’était notre façon de lui rendre la pareille. 


Parlez‐nous de votre fondation. Quel soutien apporte‐t‐elle aux femmes et aux filles LGBTQ+?

Tegan and et Sara : La Tegan and Sara Foundation a pour mission d’améliorer la vie des femmes et des filles LGBTQ+. Cette mission est fondée sur un engagement en faveur du féminisme et de la justice raciale, sociale et de genre. Ce travail est d’une importance cruciale, car les femmes et les filles LGBTQ+ font face à des désavantages socio‐économiques et sanitaires plus importants que leurs homologues masculins, hétérosexuels et cisgenres. 

La fondation sensibilise le public et recueille des fonds; elle lutte pour l’égalité et la justice par le biais de ses programmes phares et soutient des organisations communautaires, des militant·e·s et des communautés qui ne sont souvent pas reconnues par les principales institutions de financement. Voici quelques‐uns de nos programmes préférés : 

Camps d’été LGBTQ+! Nous avons envoyé plus de 100 jeunes dans des camps d’été LGBTQ+ chaque année. 

Queer Health! Nous avons contribué au lancement d’un répertoire pour les praticien·ne·s de soins de santé et les patient·e·s LGBTQ+ pour trouver des soins de santé compétents et de qualité.

Subventions communautaires! Nous transférons de l’argent rapidement et efficacement à de petites organisations LGBTQ+ locales qui se concentrent sur les secteurs de la communauté LGBTQ+ qui en ont le plus besoin.

Deux personnes aux cheveux longs attachés en queue de cheval. L'une se tient derrière l'autre et s'appuie sur ses épaules. Elle porte une chemise à motifs noirs et blancs sous une veste en cuir noir. Devant, l'autre porte une chemise noire unie sous une veste à motifs noirs et blancs.
Photographie par : Eluvier Acosta

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