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Le geste de gentillesse de Travis Price L'idée des chandails roses qui a incité un mouvement anti-intimidation

Par Julia Peristerakis

Six adolescents et adolescentes et une femme d'âge moyen, se tenant debout les bras les uns autour des autres, sourient vers l'objectif. Tous et toutes portent des t-shirts roses.

Détails de l'histoire

Un petit geste peut provoquer un grand changement. Parlez-en à Travis Price. En 2007, à sa première journée d’école en 12e année à l’école Central Kings Rural High School de Cambridge, en Nouvelle-Écosse, il apprend qu’un élève de 9e année se fait intimider parce qu’il porte un chandail rose.

Travis Price, 2013. Photo : MCDP, Aaron Cohen

Ayant lui-même été victime d’intimidation quand il était plus jeune, Travis veut faire quelque chose pour aider cet élève. Comme il souhaite créer une action collective contre l’intimidation, il demande l’aide de son ami David Shepherd et, ensemble, ils convainquent des centaines d’élèves de ne pas demeurer passifs et de passer à l’action en portant des vêtements roses le lendemain à l’école. En transformant une idée en action concrète, Travis Price et David Shepherd donnent naissance à une campagne annuelle baptisée aujourd’hui la Journée du chandail rose, et lancent un mouvement international de lutte contre l’intimidation.

L’intimidation est une forme d’abus ciblé et intentionnel exercé de manière constante par une personne ou un groupe. Cela comprend les injures, les railleries, les menaces, la propagation de rumeurs, le rejet, la violence physique (frapper, pousser, empoigner). La cyberintimidation comprend des gestes comme envoyer du contenu blessant ou humilier les autres dans des textes, dans des courriels ou sur les médias sociaux.

L’intimidation peut avoir des répercussions négatives durables sur la santé mentale et physique de la victime. Les jeunes victimes d’intimidation peuvent souffrir d’anxiété, de dépression, de faible estime de soi et présenter un risque élevé de suicide. L’intimidation est très courante : chez les adolescents et les adolescentes du Canada, c’est au moins une personne sur trois qui se dit victime d’intimidation. Les jeunes qui s’identifient comme lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres, bispirituels ou queers sont beaucoup plus susceptibles que les autres d’être victimes d’intimidation au cours de leur vie.

L’intimidation peut aussi violer les droits suivants d’une jeune personne :

  • le droit d’être en sécurité, à l’abri de la violence et des abus
  • le droit d’être protégée de toute discrimination;
  • le droit de recevoir une éducation;
  • le droit de développer son plein potentiel.

Je veux être l’une de ces personnes qui continuent à aider les gens, peu importe leur âge, peu importe le problème. J’ai simplement le désir de les aider.

Travis Price

Un dessin contre l’intimidation réalisé par Véronic LeBlanc, de l’École Donat-Robichaud, à Cap-Pelé, au Nouveau-Brunswick. On peut y lire : « Il ne faudrait pas avoir peur de traverser le corridor. »

Travis Price, cofondateur de la Journée du chandail rose, connaît par expérience personnelle les effets de l’intimidation, ayant lui-même été victime tout au long de l’école primaire. Les injures et les menaces qu’il reçoit de la part d’autres élèves s’amplifient et s’accompagnent plus tard de violence physique. Ses parents s’inquiètent parce qu’il abandonne les sports et semble de moins en moins heureux. Ils s’adressent à la direction de l’école et, devant son refus d’agir, ils changent Travis d’école.

Notre but est de créer une journée où les enfants peuvent aller à l’école sans risquer de se faire intimider.  

Travis Price

Une journée en rose

Des années plus tard, en entrant en 12e année, Travis entend parler d’un élève plus jeune qui s’est fait intimider la première journée d’école. Il se rappelle le sentiment d’être la cible de ce genre d’attention et de voir que personne ne vient à notre secours quand on en a le plus besoin. Quand les autres élèves se mettent à railler ce garçon de 9e année parce qu’il porte un polo rose, Travis et David voient l’injustice et décident d’agir.

Video: Travis Price – La création de la Journée du chandail rose

Travis achète 75 débardeurs et accessoires roses pour les distribuer autour de lui. Puis, les deux amis utilisent les médias sociaux pour demander aux autres élèves de porter un vêtement rose le lendemain pour appuyer le jeune garçon et s’élever contre l’intimidation. Et c’est un succès.

Des centaines d’élèves se présentent à l’école vêtus de rose. C’est une « mer de rose », disent Travis et David. La réaction du jeune garçon victime d’intimidation, quand il entre dans l’école et aperçoit tous ces élèves en rose, émeut beaucoup Travis. « Quand il a compris qu’il n’allait plus être le garçon qu’on intimide, mais simplement un élève parmi les autres, qu’il allait pouvoir vivre sa vie, on a vu littéralement un poids lui tomber des épaules », explique Travis.

À l'occasion de la Journée du chandail rose de 2018, des élèves de l'école Maple Leaf, de Winnipeg, ont organisé un festival de films anti-intimidation qui reliait des écoles dans des collectivités du Manitoba et du Nunavut.

C’était incroyable de voir qu’un groupe d’élèves, un groupe de jeunes, pouvaient s’unir pour soutenir ce jeune garçon. 

Travis Price

On célèbre maintenant la Journée du chandail rose dans tout le Canada au mois de février pour sensibiliser les gens aux répercussions néfastes de l’intimidation et pour promouvoir les initiatives anti-intimidation dans les écoles. Travis continue à œuvrer contre l’intimidation, en se rendant dans les écoles pour parler de son histoire aux élèves. Il existe maintenant de nombreuses autres campagnes contre l’intimidation : la Journée anti-intimidation, la Journée internationale en rose et la Journée rose, pour n’en nommer quelques-unes. Elles ont lieu à différentes dates au Canada et ailleurs dans le monde. De nombreux événements dont la thématique est le rose visent à collecter des fonds pour des programmes qui luttent contre l’intimidation et font la promotion de l’acceptation de la diversité.

Même si le mouvement continue à prendre de l’ampleur, Travis croit que le but ultime est de faire de chaque jour un jour rose. Cela signifie que les élèves, et chacun de nous, en fait, devraient toujours rejeter les actes d’intimidation et essayer de les contrer s’ils en sont témoins. Il ne faut pas se contenter d’être témoin, il faut agir. Si on est à l’aise de le faire, on doit réagir immédiatement et, sinon, prévenir un enseignant ou une enseignante et en parler avec d’autres personnes qui peuvent intervenir. L’histoire de Travis Price prouve qu’un petit geste peut inspirer et inciter les autres à agir et à prôner l’inclusion.

Pour en savoir plus au sujet de l’intimidation et de la prévention dans ce domaine, visitez le site PREVNet.

Si tu es victime d’intimidation et as besoin d’aide, communique avec Jeunesse, J’écoute au 1–800-668‑6868, ou texte CONNECT au 686868.

As-tu souvent vu quelqu’un réagir contre l’intimidation dans ton école, ou réagi toi-même?

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Questions propices à l’autoréflexion :

Est-ce que j’ai déjà intimidé quelqu’un sans le vouloir?

Que puis-je faire pour prévenir l’intimidation?

Que puis-je faire si je vois quelqu’un se faire intimider?