Dans les prisons du Canada : Racisme, systèmes défaillants et comment amener le changement

Une conversation sur les injustices et une approche réinventée du système pénitentiaire

Le lundi 12 février 2024

Cette activité est passée.

Gros plan sur les barres d’une cellule de prison. Visibilité masquée.

Photo : Adobe Stock, Lurii Gagarin

Détails de l'activité

Prix :
Entrée gratuite, mais inscription obligatoire
Lieu :
Salle Bonnie & John Buhler, Musée canadien pour les droits de la personne, au niveau 1
Langue et accessibilité :
L’événement sera présenté en anglais avec interprétation en ASL. Le lieu est un espace accessible.

Video : Inside Canada’s prisons: Racism, broken systems and how we make change

En parlant et en apprenant ensemble, pouvons‐nous construire un système pénitentiaire plus juste au Canada – qui serait au service des personnes directement impliquées et de la société?

Les droits de la personne, la dignité et la justice concernent tout le monde, y compris les personnes qui ont été arrêtées, inculpées ou incarcérées. La Charte canadienne des droits et libertés garantit l’égalité devant la loi, sans discrimination, et interdit les peines ou traitements cruels et inusités. Pourtant, la discrimination systémique et intersectionnelle entraîne des injustices dans l’ensemble du système juridique canadien. 

La preuve la plus évidente est la surreprésentation persistante et croissante de personnes autochtones, dans les prisons canadiennes. En 2022, les Autochtones représentaient plus de 31 % de la population carcérale du Canada, alors que leur nombre ne dépasse pas 5 % de la population totale du pays. Au Manitoba et en Saskatchewan, plus des trois quarts des personnes incarcérées sont Autochtones. Et plus de la moitié des femmes incarcérées au Canada sont Autochtones. La surreprésentation est encore plus marquée chez les jeunes en détention. 

La discrimination va au‐delà des taux d’incarcération. Les personnes autochtones sont beaucoup moins susceptibles que les autres d’être libérées sous caution et plus susceptibles d’être placées dans des établissements à sécurité maximale. En général, elles purgent une proportion plus élevée de leur peine avant d’être libérées, souvent sans aucun programme de soutien. En prison, elles sont plus susceptibles d’être placés dans des unités d’intervention structurée (UIS) (anciennement « isolement ») et d’y être détenues plus longtemps. 

Joignez‐vous à nous pour une conversation publique au Musée canadien pour les droits de la personne qui mettra en lumière le besoin pressant de réformes. Cet événement permettra d’amplifier les voix de personnes et de communautés qui ont fait l’expérience du racisme, de la misogynie et de la discrimination au sein du système pénitentiaire. Nous explorerons des systèmes améliorés, des alternatives de justice réparatrice et la manière dont tout le monde peut œuvrer pour des changements significatifs.

À propos de ce programme spécial

Le Musée présente des histoires qui mettent en lumière des systèmes d’oppression historiques et actuels. Ce programme spécial a été élaboré en collaboration avec des spécialistes du sujet, des personnes et des communautés ayant une expérience vécue, et des groupes de défense des droits. Il s’inscrit dans le cadre de la série de programmes Sous le racisme, qui nous incite à nous interroger sur nos propres partis pris et à prendre des mesures individuelles et collectives pour mettre un terme au racisme et à la discrimination.

Panélistes

Isha Khan, directrice générale du MCDP et avocate spécialisée dans les droits de la personne, animera le dialogue et une période de questions avec le public. Avant de se joindre au MCDP en 2020, Isha a pu constater l’injustice dans le système judiciaire lorsqu’elle a été nommée par le ministre de la Sécurité publique pour examiner les conditions des personnes incarcérées dans les pénitenciers fédéraux. Dans ce rôle, elle a dirigé la libération de personnes de l’isolement et a formulé des recommandations pour améliorer les conditions, y compris un meilleur accès aux services de santé mentale, aux programmes spirituels et à d’autres mesures d’intervention.

La sénatrice Kim Pate, qui était membre du Comité sénatorial permanent des droits de la personne chargé d’étudier le respect des droits de la personne dans le système correctionnel fédéral, présentera le contexte du système juridique canadien. Avocate de renommée nationale, elle partagera également son expérience de travail au sein et autour des systèmes juridiques et pénaux du Canada, avec et au nom de certaines des personnes les plus marginalisées, victimisées, criminalisées et institutionnalisées – en particulier les jeunes, les hommes et les femmes en prison.

L’Aîné Robert Greene, Aîné en résidence au Musée canadien pour les droits de la personne, discutera de la façon dont le racisme systémique dans le système judiciaire canadien nuit aux personnes autochtones, à leurs familles et à leurs communautés. Il explorera également des initiatives autochtones et le soutien communautaire.

Les personnes suivantes présenteront des témoignages personnels de victimisation dans le système judiciaire et partageront leurs histoires de force et de courage.

Tania Ross, une femme de la Première Nation Opaskwayak qui a été impliquée dans des bandes de rue à un jeune âge, a été condamnée pour meurtre au second degré à l’âge de 19 ans. Elle a passé 20 ans en prison – une période sombre au cours de laquelle elle a passé de longues périodes en isolement, ce qui a été très éprouvant. Bien qu’elle ait vu d’autres femmes comme elle mourir en prison et qu’elle se soit attendue à subir le même sort, elle a pu s’en sortir et changer de vie avec l’aide d’une Aînée. Aujourd’hui, elle travaille avec des jeunes à haut risque à Winnipeg, dans l’espoir de les aider à éviter les mêmes erreurs.

Renee Acoby a témoigné devant le Comité sénatorial permanent des droits de la personne au sujet du racisme, de la discrimination et des violations des droits de la personne qu’elle a subis ou dont elle a été témoin pendant ses 18 années d’emprisonnement. Elle a également témoigné devant la commission sénatoriale des affaires juridiques et constitutionnelles au sujet du projet de loi C‑83 et de l’impact de la ségrégation et des systèmes de classification racistes sur les peuples autochtones.

Odelia Quewezance, de la Première Nation Keeseekoose, a été condamnée pour meurtre au second degré à la suite d’une attaque à l’arme blanche en 1993 en Saskatchewan. Elle était co‐accusée avec sa sœur et un cousin. Le cousin a assumé l’entière responsabilité du meurtre et les sœurs sont en liberté sous caution dans l’attente d’une révision ministérielle de leur condamnation.

Cet événement sera enregistré.

Veuillez noter que ce programme pourrait être changé ou annulé sans préavis.

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