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Rendre les médias accessibles : présenter un contenu accessible à tous les visiteurs du Musée

Le mardi 29 janvier 2013

L’un des buts du Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP) est de prendre tous les moyens possibles pour rendre ses expositions et sa programmation accessibles à tous les visiteurs. Dans une publication récente, nous discutions de la conception universelle et de nos expositions numériques, mais il y a pas mal de choses qui se passent en coulisse pour que nous soyons en mesure d’offrir un contenu accessible. Le sous-titrage codé, la description audio et l’interprétation gestuelle sont les moyens les plus souvent utilisés pour permettre aux personnes de toutes capacités d’apprécier leur expérience muséale.

Rendre de telles expériences accessibles n’est pas une tâche facile. En tant qu’artistes de production, c’est notre travail, à moi et à ma collègue Jessica Sigurdson, de faire en sorte que cela devienne une réalité pour tous.

L’an dernier, nous nous sommes rendus à Toronto pour visiter Inclusive Media & Design, une entreprise spécialisée dans la création de médias accessibles. Nous y avons suivi une formation de deux très longues journées sur les normes universelles en matière de sous‑titrage [Universal Captioning Guidelines], soit sur le sous‑titrage des vidéos et la production de descriptions audio. La description audio est l’utilisation des sons dans le but de décrire l’action qui se passe à l’écran pour les malvoyants. 

Le sous‑titrage codé ne se limite pas uniquement aux mots prononcés à l’écran. Les effets sonores, la musique, les marmonnements, les bruits sourds ou secs (à peu près tous les sons typiques d’une émission de Batman auxquels vous pourriez penser) doivent être reproduits. Le vrai défi consiste à sous‑titrer exactement ce que dit la personne, et non pas ce qu’elle a voulu dire. En retirant tous les « heu » et les « ah » de ce qu’elle dit, ou en corrigeant un simple mot, vous risquez de modifier complètement le contexte, de transformer une personne nerveuse et bégayante en candidat éloquent et sûr de lui. C’est un grand avantage pour les personnes malentendantes ainsi pour celles qui apprennent le français ou l’anglais.

Alors que le sous‑titrage est la traduction littérale du son, la description audio, elle, est une tout autre paire de manches. Chacun perçoit différemment les situations, et la description d’une situation ou d’un personnage peut être extrêmement subjective. Mais le plus  grand défi en ce qui concerne la production de descriptions audio est le synchronisme : il faut parfois décrire rapidement une situation alors qu’on ne dispose que d’aussi peu qu’une demi‑seconde entre les paroles de deux personnes qui parlent dans la vidéo. Il faut beaucoup de pratique pour trouver le juste équilibre entre tout décrire et ne pas interrompre le fil et le contenu du média.

Je vous invite tous à écouter votre émission de télévision préférée en activant l’option de description audio (généralement appelée Service d’audio‑vision ou DVS). Cela vous paraîtra peut‑être étrange au début, mais en fermant les yeux, vous serez étonnés de constater à quel point la description arrive à créer un magnifique univers sans images.

Voici un exemple de version en description audio de la visite et du spectacle des ténors canadiens, l’an dernier.

 

 

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