A A

Les cinq histoires les plus romantiques au Musée canadien pour les droits de la personne

Le vendredi 12 février 2016
Une des deux bagues fabriquées par Lieb Krycberg - une pour lui et l'autre pour sa bien-aimée - alors qu'ils étaient prisonniers dans un camp de concentration. Photo : Aaron Cohen / MCDP

Comme la Saint-Valentin est à nos portes, nous avons longuement réfléchi au lien entre l’amour et les droits de la personne. L’amour est une valeur universelle qui transcende la race, la culture, la religion et la nationalité. Notre capacité d’aimer est un élément intrinsèque de notre humanité. C’est pourquoi nous faisons le compte à rebours des cinq histoires les plus romantiques proposées au Musée canadien pour les droits de la personne :

5. L’anneau

Lieb Krycberg a fabriqué un anneau en argent à partir d’une cuillère alors qu’il était interné dans un camp de concentration durant la Seconde Guerre mondiale. Il y a gravé l’initiale de son prénom et de celui de Miriam, une codétenue de qui il était tombé amoureux. Il y a également gravé leurs numéros de prisonniers, puis il a fabriqué un anneau semblable pour Miriam. Ils ont tous les deux survécu à l’internement dans de nombreux camps de concentration et, après la guerre, ils ont été réunis et Lieb lui a fait une demande en mariage. Elle l’a refusée, mais a gardé l’anneau. Celui qui est exposé au Musée est l’anneau qui a appartenu à Lieb. Il a été prêté par le United States Holocaust Memorial Museum à Washington D.C.

4. Jeanette Corbiere Lavell

Une alcôve avec trois murs sur lesquels on retrouve des images de femmes et une image d'une femme autochtone et d'un homme qui sont assis ensemble et sourient. Du texte est écrit sur les trois murs et chacun d'entre elle contient un petit écran.
L'exposition sur les droits de la femme dans laquelle on retrouve l'histoire de Jeanette Corbiere Lavell. Elle se trouve dans la galerie Les parcours canadiens. Photo : Aaron Cohen / MCDP

Jeanette est une autochtone canadienne qui a perdu ses droits pour une histoire d’amour et elle s’est battue pour les recouvrer. En 1970, elle a épousé David Lavell, un non-autochtone. En vertu de la loi canadienne, une femme autochtone qui se mariait avec un non-autochtone perdait son statut d’Indien. Elle perdait donc son droit de vivre dans une réserve, d’hériter des biens de sa famille, de bénéficier des avantages issus des traités et de participer à la vie de sa collectivité. Elle perdait même le droit de se faire enterrer dans les cimetières où reposent ses ancêtres. Par comparaison, les hommes autochtones qui épousaient des femmes non autochtones ne perdaient pas leur statut d’Indien, ni les droits afférents. Jeannette a décidé de contester la loi et elle a porté sa cause jusqu’à la Cour suprême du Canada. Elle a perdu, mais elle et d’autres femmes autochtones n’ont jamais abandonné la lutte pour leurs droits. En 1985, la loi a finalement été modifiée faisant en sorte que les femmes autochtones puissent se marier avec la personne de leur choix sans perdre leur statut.

3. Le bal des finissants mixte de Wilcox County

Deux mannequins derrière un mur vitré transparent, dont l’un est revêtu d’un smoking et l’autre d’une robe de bal rouge. D’autres objets sont exposés, dont un demi-masque orné de plumes, un livre de photos ouvert et une plaque.
La robe de bal de Maréshia Rucker et le smoking de Brandon Davis, deux organisateurs du premier bal mixte pour les élèves de l’école secondaire de Wilcox County. Photo : Jessica Sigurdson / MCDP

Imaginez que vous ne puissiez pas accompagner votre ami ou amie de cœur au bal des finissants à cause de la couleur de sa peau! Pendant de nombreuses années, les élèves de l’école secondaire de Wilcox County n’ont pas eu à l’imaginer. Il n’y avait pas de bal officiel des finissants – les parents organisaient tous les ans des bals privés, ségrégés – un pour les étudiants de race blanche et l’autre pour les étudiants de race noire. En 2013, un groupe de finissants décide qu’il faut en finir et organise le premier bal des finissants mixte pour les élèves de leur école. Ils intitulent leur page Facebook « L’amour n’a pas de couleur : Bal des finissants mixte ». Ils se heurtent à l’opposition de plusieurs membres de la collectivité, mais, en fin de compte, l’événement est un succès. L’année suivante, l’école décide d’organiser un bal mixte officiel.

2. 143Band

Un homme est debout aux côtés d'une femme portant une robe noire et un hijab multicolore. Il est accoté sur une rampe sur laquelle elle est assise alors qu’elle fait signe de paix avec ses doigts.
Les musiciens afghans, Diverse (à gauche) et Paradise (à droite) à Kaboul en 2013. Photo : Gracieusement fournie par 143Band

L’amour donne du courage – parfois, la présence d’un partenaire dans un combat pour la justice peut faire toute la différence. C’est le cas de Paradise et Diverse, les noms de scène d’un couple qui forme le groupe rap afghan, 143Band. Ils interprètent des chansons qui dénoncent et combattent la discrimination à l’égard des femmes et la violence conjugale en Afghanistan. Vous pouvez entendre la chanson « Nalestan » dans les stations d’écoute musicale du Musée, ainsi que d’autres chansons évoquant les droits de la personne ou inspirée par les enjeux qui y sont liés.

1. Chris Vogel et Rich North

Image en noir et blanc de deux hommes debout côte à côte. Les deux hommes sourient et regardent vers le bas.
Vogel et North à la suite de leur cérémonie de mariage. Photo : University of Manitoba Archives & Special Collections, Winnipeg Tribune Fonds, PC 89 (A.3267).

Il y a plus de 40 ans, le 11 février 1974, Chris Vogel et Rich North sont devenus le premier couple de même sexe à se marier au Manitoba et le deuxième au Canada. Vogel et North ont expliqué qu’ils s’étaient mariés pour contester la fausse notion selon laquelle les homosexuels ne peuvent pas être amoureux ou entretenir des relations significatives à long terme comme le font les hétérosexuels. Il aura fallu attendre de nombreuses années avant que le mariage entre personnes de même sexe soit finalement reconnu légalement, en 2005, par le gouvernement canadien. L’histoire de Vogel et North, comme celle de nombreux autres couples canadiens de même sexe qui ont opté pour le mariage, est explorée dans la galerie « Les parcours canadiens ».