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Six dispositifs étonnants qui assurent l’accessibilité pour tous et toutes #AuMCDP

Le jeudi 18 août 2016
On trouve plus de 120 points d’accès universel au Musée. Les visiteurs et visiteuses peuvent les utiliser à l’aide de l’appli mobile du Musée. Photo : Ian McCausland/MCDP

Dès le début de la construction du Musée canadien pour les droits de la personne, nous avons compris que nous avions une occasion en or de créer l’un des musées les plus accessibles du monde. Il arrive, lorsqu’on conçoit un produit ou un bâtiment, que l’on pense à l’accessibilité à une étape avancée du projet. Ici, au Musée, l’accessibilité a été au cœur des préoccupations dès le départ. Nous voulions que les personnes handicapées puissent pleinement découvrir nos expositions et galeries. Nous nous sommes donc demandé ce qu’il fallait faire pour que le Musée puisse offrir une expérience inclusive à tous les visiteurs et toutes les visiteuses. Résultat : une expérience muséale supérieure pour tous et toutes, y compris les personnes qui ont un handicap quelconque.

 

Ce degré d’accessibilité n’aurait pas été possible sans le travail du Comité consultatif de la conception universelle (CCCU). Composé de spécialistes, de personnes-conseil et de militants et militantes du domaine des droits des personnes handicapées, le CCCU aide le Musée en effectuant des analyses, en relevant les lacunes et en formulant des commentaires sur une vaste gamme de questions relatives à l’accessibilité.

 

Les conseils et l’orientation fournis par le CCCU ont contribué à maints égards à faire du Musée un musée inclusif. Certaines caractéristiques d’accessibilité font appel à une technologie de pointe pour donner accès à nos expositions et galeries. D’autres sont très simples, mais tout de même incroyablement innovatrices et importantes. Ces caractéristiques sont souvent intégrées de manière tout à fait transparente dans les expositions et galeries du Musée : si vous ne les cherchez pas, vous pourriez très bien ne pas vous apercevoir qu’elles existent, voire les utiliser vous‑même sans vous en rendre compte! C’est pourquoi nous avons pensé vous faire découvrir six des dispositifs que vous pouvez trouver ici au Musée et qui contribuent à créer une expérience inclusive et accessible à tous et toutes.

 

1. Claviers universels

Une main tenant une prise pour casque d’écoute s’avance pour connecter la prise dans la sortie audio. Au‑dessus de la sortie audio, on aperçoit un clavier dont les touches portent divers symboles.
Grâce au clavier universel, tous les visiteurs et toutes les visiteuses peuvent accéder à l’information des stations à écran tactile. Photo : Ian McCausland/MCDP

 

Le Musée canadien pour les droits de la personne est un musée numérique; souvent, il y a de l’information importante et intéressante au sujet de nos expositions dans des stations à écran tactile, présentes dans presque toutes les galeries. Mais si une personne est aveugle, malvoyante, ou si elle est limitée dans sa mobilité, comment peut-elle accéder aux histoires présentées dans ces stations? C’est ici que le clavier universel (CU) entre en scène. Ces claviers tactiles emploient des symboles simples, de même que des instructions audio, pour aider les visiteurs et les visiteuses à naviguer dans le contenu et trouver l’information qu’ils cherchent. Les CU sont situés près de presque toutes les stations à écran tactile. Ils sont aussi dotés d’une prise pour casque d’écoute pour que les gens puissent régler le volume, et les visiteurs et visiteuses peuvent se procurer un casque d’écoute à la billetterie. Le tout a été conçu avec l’aide du Centre de recherche en conception universelle de l’Ontario College of Art and Design University.

 

2. Points d’accès universels

Une main s’avance vers un point d’accès universel, qui est une petite plaque de métal carrée fixée au mur. La plaque porte le numéro 241 en relief et en braille, de même que le symbole Bluetooth.
On trouve plus de 120 points d’accès universel au Musée. Les visiteurs et visiteuses peuvent les utiliser à l’aide de l’appli mobile du Musée. Photo : Ian McCausland/MCDP

 

Les CU rendent le contenu numérique du Musée accessible à tous et à toutes, mais qu’en est-il du contenu physique – textes, photographies, objets? Ne vous inquiétez pas, nous y avons pensé. Au Musée, nous avons créé notre propre système exclusif – plus de 120 points d’accès universels (PAU). Un PAU n’a rien de spectaculaire – il s’agit d’une petite plaque métallique portant un numéro en relief et une version en braille de ce même numéro. Grâce à des bandes tactiles au sol, les personnes malvoyantes savent qu’un PAU se trouve à proximité. Malgré cette simplicité, le numéro PAU est une petite merveille qui permet de lier les visiteurs et les visiteuses à toutes sortes de renseignements au sujet d’une exposition ou d’une galerie. Les gens peuvent entrer ce numéro dans l’application mobile du Musée sur leur appareil sans fil et ainsi entendre la description de l’exposition physique qui se trouve devant eux. Dans certains cas, le PAU procure aussi des descriptions en langage gestuel (American Sign Language [ASL] et langue de signes québécoise [LSQ]). Si une personne ne peut entrer le numéro, le PAU envoie un signal Bluetooth à l’appareil mobile cette personne qui n’a qu’à accepter ce signal pour accéder au contenu qui se trouve à proximité, au moyen de la fonction « Près de moi » de l’application. Si vous n’avez pas d’appareil mobile, ne vous en faites pas : le Musée en prête. Il suffit d’en faire la demande à la billetterie.

 

3. Appli mobile du Musée

Deux mains tiennent un téléphone intelligent devant une exposition muséale. Sur l’écran du téléphone, on aperçoit une femme qui fait de l’interprétation en langage gestuel. On voit aussi des sous‑titres en français.
L’appli mobile du Musée comporte de nombreuses fonctions, dont une visite autoguidée pleinement accessible. Photo : Ian McCausland/MCDP

 

L’application mobile elle‑même ouvre tout un nouveau monde aux visiteurs et aux visiteuses. En plus de donner accès à l’information des PAU, l’appli comprend aussi une visite autoguidée pleinement accessible et une carte interactive. Les visites autoguidées sont aussi offertes en langage gestuel ASL et LSQ et en audiodescription en français et en anglais. Vous voulez pousser l’exploration de la boîte en bois cintré exposée au Musée? L’appli vous permet de faire un zoom avant sur les sculptures pour en voir le détail d’aussi près que vous le voulez. Et si cela ne suffit pas, jetez donc un coup d’œil à la fonction de réalité augmentée – dans la Tour de l’espoir Israel Asper et près de la terrasse de la galerie Perspectives autochtones. Vous pouvez regarder la ville devant vous et, grâce à la fonction photo de votre appareil mobile, l’application pourra vous donner de l’information au sujet des lieux d’intérêt de Winnipeg.

 

4. Concevoir des galeries accessibles

En avant‑plan, une rampe lumineuse recouverte d’albâtre avec ses deux mains-courantes de couleur argent placées parallèlement l’une au‑dessus de l’autre. En arrière‑plan, on aperçoit un banc gris muni de dossiers et d’accoudoirs.
Les rampes du Musée sont munies d’une double main-courante pour accommoder les visiteurs et visiteuses de différentes grandeurs, et des haltes y sont aménagées à intervalles réguliers. Photo : Ian McCausland/MCDP

 

L’accessibilité universelle n’est pas qu’une question de haute technologie. C’est aussi parfois une question de choix à l’étape de la conception. Prenons la hauteur des vitrines d’exposition et des écrans tactiles, par exemple. Elle a été déterminée de manière à ce que les vitrines et les écrans se trouvent à une distance idéale des visiteurs et des visiteuses, qu’ils soient assis ou debout. Dans le même ordre d’idées, la taille et la police des textes ont été choisies pour en faciliter la lecture. Et ces choix de conception ne se limitent pas aux expositions. Tous les bancs qu’on trouve dans le Musée sont dotés d’accoudoirs et de dossiers – et c’est un choix délibéré. Les dossiers procurent un appui à ceux et celles qui en ont besoin, et les personnes qui ont de la difficulté à se lever d’un fauteuil seront heureuses de pouvoir s’appuyer sur les accoudoirs pour le faire. On trouve aussi plus de 800 mètres de rampes lumineuses recouvertes d’albâtre qui longent les galeries du Musée. Bien qu’elles soient très photogéniques, elles n’ont pas été construites que pour attirer les photographes. En effet, grâce à elles, les gens peuvent déambuler dans l’ensemble des 10 galeries principales sans même avoir à prendre un escalier. Elles sont munies d’une double main‑courante pour accommoder les visiteurs et visiteuses de différentes grandeurs, et des haltes y sont aménagées à intervalles réguliers pour permettre aux gens de se reposer un moment. Ces passerelles jouent un grand rôle dans le caractère accessible du Musée. Pour ceux et celles qui préfèrent l’ascenseur, le Musée compte aussi des ascenseurs accessibles à tous et toutes qui permettent de se rendre à tous les étages, y compris à la Tour de l’espoir Israel Asper.

 

5. Films accessibles à tous et à toutes

Un homme se tient devant un écran où joue un film montrant un adulte qui travaille auprès d’un enfant. On voit aussi à l’écran des sous‑titres en anglais et un interprète de langage gestuel.
La création des sous‑titres et l’interprétation en langage gestuel pour plus de 100 heures de documents vidéo ont demandé beaucoup de travail. Photo : Ian McCausland/MCDP

 

On trouve au Musée plus de 100 heures d’enregistrements vidéo, cinq longs métrages, dont un film panoramique, et 26 courts métrages, tous offerts en français et en anglais. Afin que le plus grand nombre de gens possible puissent profiter de ces films, ils comprennent tous des vignettes en langage gestuel et des sous-titres codés. Nombre d’entre eux offrent aussi l’option vidéodescription – qui décrit ce que l’on voit dans à l’écran – et un bouton de volume individuel. Il a fallu beaucoup d’heures de travail pour préparer tous ces dispositifs mais, grâce à eux, plus de gens pourront faire l’expérience de tout ce que le Musée a à offrir.

 

6. Accessibilité en ligne

Une image publiée sur la page Facebook du Musée où l’on aperçoit une photo de Mark Tewksbury faisant une allocution, debout devant un lutrin. À droite de l’image, on aperçoit une description détaillée de la photo.
Les images que le Musée publie sur les médias sociaux – comme cette photo de Mark Tewksbury – sont accompagnées d’une description de la photo. Photo : Aaron Cohen/MCDP

 

Sur le plan technique, le contenu en ligne du Musée ne se trouve pas « au » Musée, mais demeure un élément important de l’expérience muséale. Le Musée compte plus de 14 000 abonnés sur Facebook et plus de 9 000 sur Instagram et Twitter, anglophones et francophones réunis. Si vous suivez le Musée sur les médias sociaux, vous avez sans doute remarqué que lorsque nous publions une image, nous y joignons une description de la photo. Sur Facebook et Instagram, elle se trouve à la fin de l’article, tandis que sur Twitter, elle figure sous forme de réponse au gazouillis d’origine. Ainsi, les personnes malvoyantes peuvent savoir quelles images nous publions. Dans le cas des vidéos, nous ajoutons des légendes pour les personnes malentendantes aussi souvent que possible. Nous essayons aussi d’assurer une audiodescription afin que les personnes malvoyantes puissent entendre le contenu de la vidéo. Au fur et à mesure que nous utiliserons de nouvelles fonctions des médias sociaux, comme Facebook Live, nous continuerons à faire en sorte que le contenu en ligne soit accessible à autant de gens que possible.

 

Et voilà. Ce sont six dispositifs étonnants que vous trouverez au Musée canadien pour les droits de la personne (ou en ligne) et qui sont conçus pour rendre le contenu du Musée accessible au plus grand nombre. Pour savoir pourquoi l’accessibilité est si importante et découvrir comment les personnes handicapées appréhendent le monde, visitez nos expositions au sujet des droits des personnes handicapées au Canada et ailleurs dans le monde. Vous pouvez aussi visiter notre exposition itinérante Au‑delà du regard : Photographie internationale par des artistes aveugles. Le Musée présente cette première grande exposition du travail de photographes aveugles réputés dans le monde entier jusqu’au 18 septembre. Vous pouvez aussi participer à notre projet #VoiceOverPhoto, dans lequel nous vous mettons au défi de prendre des photos avec votre appareil mobile sans vous servir de vos yeux.